Il était une fois sur le web

Entrée de mars 2009

Les joies de la blogosphère

mars 31, 2009 · 14 commentaires

Pétronille a lancé une offensive bloguesque. Elle m’a taguée sur le questionnaire suivant, auquel sont également sommés de répondre la Baronne, K2, Ophise et la chasseuse de nuages

1/ Que penses-tu du frailledèh ouhère sur le lieu de travail ?

[Friday wear (ou casual day) = tenue décontractée autorisée en entreprise le vendredi, par opposition aux autres jours de la semaine où les employés sont contractuellement tenus de s’étrangler avec leur nœud de cravate.]

L’agence dans laquelle je suis retenue prisonnière n’est pas pratiquante. Mais j’en profite pour élaborer une taxinomie des codes vestimentaires en vigueur.

Groupe 1 _ Les visuellement agréables 

Un jour, j’ai vu le contrôleur de gestion partir en courant à la pause déjeuner. “Ca fait combien de jours que t’as pas mangé ?” j’ai demandé. “Arrrrgh, j’ai pas le temps de manger”, il m’a répondu en s’éloignant. “C’est les soldes de presse chez Paul&Joe”.

Si le contrôleur de gestion est une fashion victim, je vous laisse imaginer le look d’aK, la graphiste.

Groupe 2 _ Les visuellement désagréables 

Leur chef de file s’appelle La mèche. Polo pastel, mèche blonde, il fait semblant d’aimer NTM mais en réalité, il a une passion pour les boutons de manchette vendus en mercerie. Sa tenue n’est pas seulement le reflet de sa personnalité ; c’est une technique d’agression dirigée contre le groupe 1.

Groupe 3 _ Les visuellement neutres 

Ce sont ceux qui n’ont pas le temps de se poser des questions sur leur apparence, parce qu’ils ont d’autres sujets de préoccupation (comme optimiser leur to do list sur tableau excel, par exemple)

Groupe 4 _ Minerve

La tragédie, en ce qui concerne Minerve, c’est qu’elle adore la mode. La malheureuse. Elle suit à la lettre les conseils des magazines. Alors quand elle lit « Le carreau, c’est trendy », elle y va à fond : elle se transforme en William Wallace. Si Vogue titre «C’est le printemps ! Osez la couleur », elle ose. Elle ose tellement qu’à la fin de la journée, on a tous la migraine (j’ai voulu prendre une photo en douce, mais mon appareil a refusé tout net. Il s’est éteint.)

Sinon (je vous promets que je serai moins longue dans mes prochaines réponses), aK a instauré le friday-nawak. Ca veut dire que vendredi, c’est déguisement. La semaine dernière, il fallait s’habiller en marin, parce que le thème c’était “La croisière s’amuse”. La semaine prochaine c’est « Films de science-fiction ». Sont également prévus : “Bal de promo”, “Deschiens” et “Je fais ce que je veux, avec mes cheveux”.

2) Tu éprouves plus facilement des pulsions violentes envers les gros abrutis du travaillement ou envers les sales méchants du travaillement ?

Râââ, j’avais prévu de répondre de façon plus concise, mais j’ai encore une anecdote, pour illustrer mon propos.

J’ai raté la présentation de la stratégie 2009 (c’est le moment où les dirigeants nous adressent leurs vœux et nous font part de leurs objectifs pour la nouvelle année, qui sont les mêmes que pour les années précédentes, à savoir, gagner plus d’argent). La manager m’a proposé de rattraper ça lors d’un déjeuner. Je lui envoie donc un mail qui dit en substance « Le restau d’en face a changé de carte. Ils ont un nouveau menu de ouf malade !!!!!! » et en pièce jointe, je lui colle ledit menu :

  • Ravioles de chèvre frais au basilic et copeaux de parmesan
  • Salade chinoise craquante
  • Mi-cuit de Saint-Jacques, aubergine rôtie, houmous et salade d’herbes à l’huile d’argan
  • Tartare de thon rouge, ratatouille croquante au sésame noir et sauce teriyaki, 
  • etc.

Elle me répond :

“Non, la strat ne sort pas d’ici, dej en salle de réunion avec projection”.

La manager, elle croit que des gouvernements étrangers veulent subtiliser la stratégie de l’agence à des fins de chantage diplomatique.

Alors, je lance un appel : si qui que soit s’intéresse à ce power point, qu’il me contacte, bordel, je suis prête à le vendre, moi.

(Pour répondre à la question : les abrutis, définitivement, je hais les abrutis.)

3) Penses-tu que le gras soit à long terme le meilleur moyen de se débarrasser de ses collègues ennemis ?

Je suis plutôt pro-ulcère. Le gras peut mettre des années avant d’étouffer le cœur. L’ulcère, c’est mieux. Evidemment, la rupture d’anévrisme, ce serait l’idéal.

4) A priori, un mec qui te parle de sexualité alors que tu voudrais lui parler de dentifrice mérite une punition. Laquelle ?

J’ai développé une technique de self-défense :

  • je tire la gueule toute la journée,
  • y a un écriteau «Dégagez » posé sur mon bureau,
  • et collègue boxeur m’a offert un T-shirt « I’m not crazy. I just have issues».

Ca dissuade déjà pas mal. Pour ceux qui insisteraient, je fais de la gym suédoise, je peux briser au moins des orteils avec un entrainement pareil.

5) Dans un open-space, une seule personne a mis son portable sur Sonnerie naze Forte et Polyphonique, alors que tous les autres sont sur vibreur. Peux-tu établir une règle mathématique qui permet de repérer d’avance le gros relou en question, d’un seul regard tel le ninJAH analyste ?

Aaaah, malheureusement, les propriétaires de sonnerie nuisibles sont invisibles à l’œil nu.

Il y a une jolie chef de projet en face de moi, avec de grands yeux de chat, de longs cils noirs et des bouclettes dans les cheveux. Elle a fait une thèse sur Heidegger. En guise de sonnerie, elle a enregistré un vrai chiot qui pleure (pendant des semaines, j’ai cru que le directeur de clientèle séquestrait des animaux dans son placard). A chaque fois qu’elle met du temps à décrocher, j’ai envie de lui faire manger Introduction à la métaphysique.

 

Voilà. J’ai fini. Avant d’aller regarder la Nouvelle Star, je perpétue le forfait et tague à mon tour Nacara, Tehanor et Titiou (qui n’a jamais mis un pied en entreprise mais qui a une imagination débordante). 

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La résistance au changement

mars 30, 2009 · 8 commentaires

J’éteins mon PC. Je débranche la tour.

Les autres me suivent du regard, tandis que je ramasse mes affaires.

 

Collègue 1 _ Tu as besoin d’aide ?

Moi _ Non, merci.


Je déménage seule. J’assume toujours les départs.

 

Collègue 2 _ Alors ça y est, tu t’en vas ?

Moi (émue) _ Ca y est.

Collègue 2 _ Ca fait tout bizarre… Ce sera pas pareil sans toi.

 

Je regarde mon ancien bureau. Il m’est déjà étranger. Là où régnait une joyeuse pagaille de dossiers, agrafeuse, calculatrice, post-it, mug, vieux magazines et rouleau de scotch (qui ne m’a d’ailleurs jamais servi), il ne reste plus qu’une surface en acier, vide, froide. Un attroupement se fait autour de moi.

 

Collègue 1 _ Tu vas nous manquer…

Collègue 3 _ Tu reviendras peut-être. Si ça ne te plaît pas, là bas.

Moi _ Non. C’est définitif.

 

Minerve arrive.

 

Minerve _ Mais, qu’est-ce que vous faîtes ?

Collègue 3 _ Ca y est. Julie s’en va…

Minerve _ Oui, bon, elle s’installe 2 mètres plus loin, à côté de la salle de réunion. On va pas lui organiser un pot de départ non plus…

Moi _ Oh, oui ! Oh, oui ! Je veux un pot de départ !

Minerve _ Aucun de vous n’a de boulot, là ou quoi ?

Moi _ Minerve, t’as pas de cœur.

Collègue 1 _ Il parait que l’être humain éprouve naturellement une résistance au changement.

Collègue 2 _ C’est ce qu’on appelle la force de l’inertie.

Moi  _ T’entends, Minerve ? Si mon déménagement ne te touche pas, c’est que t’es pas humaine.

Collègue 3 _ Elle entend pas. On entend qu’avec le cœur.

 

Voilà, l’idée de commencer la journée sur les aventures d’Indiana Jones au pays des kangourous, et de la finir sur mes aventures au pays de la com m’a semblé cohérente. Mais je me fais peut-être une haute idée de la cohérence de ma vie.

 

PS : Si cet évènement n’a pas encore obtenu le retentissement médiatique qu’il mérite, je tiens à signaler que Pétronille a déposé un commentaire sur ce blog aujourd’hui même. 

Je savais qu’il m’arriverait de grandes choses si je changeais de bureau.


Catégories : Je travaille

Joyeux anniversaire

mars 30, 2009 · 7 commentaires

Extrait de mail (24 janvier 2009)

“Salut,

Ici on est vendredi et il est 19H00. Ca fait 10 jours qu’on est la et on commence a connaître Melbourne.
On reste dans une auberge de jeunesse a 24$ la nuit (13 euros), avec des jeunes voyageurs du monde entier. Beaucoup de gens viennent d’ailleurs ici, et les australiens sont étonnement accueillants et prêts à aider. Le pays semble très ouvert de prime abord, contrairement à ce qu’on en dit. Cela dit nous sommes dans une grande ville côtière habituée au passage.
De nouvelles saisons de ramassages de fruit commencent, alors on va quitter la ville pour partir se faire embaucher. On commencera probablement par remonter au nord de Melbourne (il y a quelques fermes), puis on longera probablement la cote est… Bien sur, s’il y a du travail dans une autre direction, nous irons.
On a acheté un van aujourd’hui, une bonne affaire (2300 euros). Le moteur est bon, et on a eu une garantie d’un an avec. Il est très spacieux, donc plus de problème de logement (en plus on aura des tentes). En ce moment on est en train de l’equiper : gazinière, lit, bonbonne d’eau, douche solaire, chaise-toilette, jerricanes, etc…
Je suis impatient d’aller vers les terres de l’intérieur, et de quitter la ville. Je suis même impatient de travailler (si, si) !!
Pour ce qu’on m’en a raconte, le fruit-picking c’est payé à la quantité, et les gros bosseurs peuvent gagner pas mal d’argent.
Voila, voila ! On devrait partir d’ici une semaine probablement.
Les fermes sont assez rustiques, et nous aurons accès a internet que lorsque l’on passe par les villes durant la traversée. En tout cas pas d’inquiétude, il n’y a aucun danger a conduire en dehors des villes en Australie.  
  
PS : Le van est un TOYOTA” 

 

 

Extrait de message Facebook (7 mars 2009) 

“Yo,

Je suis à Sydney (Bondi beach précisement, héhé). 

Donc, en gros, on a arrêté les poires il y a 2 semaines pour aller a Sydney, mais sur la route on a eu quelques ennuis mecaniques qui nous ont conduit à Albury (c pas ta culture geographique qui est mauvaise, personne connait), ou on a du louer un 4X4 pour tracter le van jusqu’a Melbourne pour le faire réparer. Apres une semaine de folie a Albury (on est comme ca : même dans les petits patelins paumés, nous, on s’éclate), on a tracté le van sur 400 bornes, et on a attendu 1 semaine a melbourne pour les réparations (mais on a pas perdu notre temps, on a découvert Fitzroy, ou je te conseille d’aller si tu te retrouves un jour par hasard a Melbourne).

Puis on est enfin arrivé a Sydney, il y a 2 jours…

Et la on a réalisé que les finances en avait pris un coup (comme dit le proverbe : fo pas abuser des hotels 4 etoiles quand on traverse l’australie en van), donc on a presque unanimement decidé(2 voix contre une) de retourner faire du picking.

Voila, ca semble cyclique, mais ne t’y trompes pas, nous nous amusons commes des petits fous

@ +”

 

 

Extrait de conversation téléphonique (26 mars 2009) 


“- Alors, t’as trouvé du travail ?

- Je ramasse des pommes.

- Et tu dors où ?

- Dans le van. On s’est posé sur un terrain de camping à côté de la ferme. 

- J’entends de la musique…

- C’est les autres qui jouent.

- C’est qui “les autres” ?

- Des backpackers, comme nous…

- Ca a l’air cool.

- La plupart, avant, ils travaillaient en entreprise. Mais ils aimaient pas leur vie. Ils ont tout plaqué.

- Et c’est dur de ramasser des pommes ?

- Crevant, il fait chaud, je me fais attaquer par des mouches mutantes. C’est génial.

- T’as rencontré une fille ?

- Oui, mais ça coûte cher, le téléphone, je te raconterai quand je rentre…

- … tu rentres quand ?

- Je sais pas.

- Eh ?

- Quoi ?

- Tu me manques…

- Ouais, ouais, toi aussi, allez, salut.”

 

On les appelle les backpackers, parce qu’ils partent à l’aventure, sac à dos. En Australie, ils sont 2 millions. 

Sur ces 2 millions, il y en a un, c’est mon frère. Et mon frère, il a 24 ans aujourd’hui.

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Dimanche, c’est Chri

mars 29, 2009 · 15 commentaires

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A l’époque où j’étais persuadée que ma vie allait suivre un cours inattendu, je pensais souvent : on ne sait jamais ce qui peut arriver au coin de la rue. 

L’expérience m’a appris qu’en général, au coin de la rue, il y a juste le trottoir qui continue. 

En revanche, on ne sait jamais ce qui ce cache derrière un clic ; internet c’est du talent par surprise, alors j’instaure une 2ème partie au Dimanche, c’est Chri :

Dimanche, c’est aussi Liens :

On finit avec mes grandes trouvailles du week-end :

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Cours de drague

mars 28, 2009 · 18 commentaires

Quelqu’une, passe ton chemin, ce post s’adresse exclusivement au sexe opposé. 

Quelqu’un, souviens-toi, quand tu étais petit, tu te demandais à quoi servait les filles…

["(dans les westerns) celui qui avait massacré le plus grand nombre d'indiens gagnait la jolie fille. (...) Mais qu'en faisait-il ? Je n'en avais pas la moindre idée. Nous aurait-on montré une Amérique où, au contraire, celui qui avait tué le plus grand nombre de filles gagnait le plus bel indien, j'aurais cru que c'était dans l'ordre des choses." Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres]

Quelle que soit la réponse que tu aies trouvée en grandissant, il ne t’aura pas échappé qu’une fille, c’est mieux qu’un indien. C’est même mieux qu’un cowboy, qu’une voiture, qu’un avion, qu’une fusée… Une fille, c’est doux, ça sent bon, ça porte des petites culottes, ça secoue ses cheveux, autant de choses qu’un indien, un cowboy, etc. ne peuvent pas faire.

Alors, ne bouge plus, ne respire plus, concentre-toi : je m’apprête à te donner la recette du succès éternel dans l’exercice périlleux de la drague.

Règle n°1 > Avoir l’air auto-suffisant

Théorie _ Tu n’as besoin de rien, tu ne dépends de personne, tu te suffis à toi-même. 

Exercice _ Essaie de marcher dans la rue, sans rien faire d’autre que marcher dans la rue. Puis de t’assoire à la terrasse d’un café sans rien faire d’autre que boire un café. Ne fais pas semblant d’être occupé, ne tripote pas ton téléphone portable, ne lis pas le journal. Si une fille te regarde, ne te sens pas coupable : être assis là sans rien faire est ton droit le plus inaliénable, personne ne te juge.

NB : Evite la prise de contact type “Vous n’auriez pas du feu ?”. Symboliquement, c’est un mauvais départ. La fille n’est pas là pour te fournir quelque chose qui te manque. 

Règle n°2 > Faire preuve d’assurance

Théorie _ La fille a besoin d’être rassurée (c’est irrationnel, rien ne la menace, mais c’est dans sa nature). Ca tombe bien : tu n’as peur de rien. 

Exercice _  Regarde la fille de loin, sans détourner le regard quand tu croises le sien. Et dis-toi que tremblement + transpiration sont des symptômes qui risquent de paraître suspects (la fille n’est pas un colis piégé. Si tu as peur d’elle, par effet de réciprocité, elle aura peur de toi).

N.B. : Si tu es sûr de toi, elle pensera naïvement que tu as de bonnes raisons de l’être. Ne te tracasse pas, elle est prête à inventer ces bonnes raisons le cas échéant. 

Règle n°3 : Prendre des risques

Théorie _ Il ne faut jamais attendre d’une fille qu’elle te donne l’autorisation.

Exercice _ Aborde la sans qu’elle t’aie préalablement invité à le faire (en battant des cils ou en émettant d’autres signaux sexuellement attractifs).

NB : N’aie pas peur de la brusquer. Contrairement aux idées reçues, la fille n’aime pas trop les bisounours. Elle préfère les mecs. 

Règle n°4 > Oser l’originalité

Théorie _ Oublie les “vous êtes charmante”, “vous attendez quelqu’un ?”…

Exercice _ Prends une chaise, assied-toi à côté d’elle et demande-lui ce qu’elle pense de la migration des pingouins au Brésil (si tu t’intéresses vraiment à la migration des pingouins au Brésil, s’entend ; si tu t’intéresses au cac 40, trouve un autre angle d’attaque).

Règle n°5 > Assumer tes intentions

Théorie _ Inutile de te cacher trop longtemps derrière des prétextes, on sait très bien que ton but est de copuler. Inutile aussi, à l’inverse, de ne laisser planer aucun mystère sur tes intentions (“Bonjour, je m’appelle Etienne. On copule ?”).

Exercice _ Imagine la fille nue devant toi mais regarde-la droit dans les yeux. Il faut qu’elle se sente gênée, sans savoir pourquoi. Elle doit avoir l’impression que tu dépasses les bornes, alors que tu es en train de parler politique étrangère ou bien d’exposer la théorie de la relativité. 

Règle n°6 > Etre exclusif

Théorie _ Ca ne dérange pas une femme que ton but soit la reproduction de l’espèce à condition que tu aies préalablement effectué un travail de sélection naturel t’ayant conduit à la choisir elle, parmi toutes les autres. 

Exercice _ Comporte-toi comme si la fille face à toi était seule au monde. Ne te retourne pas sur les autres filles qui passent. Tu es un homme qui drague, pas un dragueur. La fille appréciera la nuance.

Règle n°7 > Pratiquer la dérision

Théorie _ C’est bien connu, les femmes sont sensibles à l’humour. 

Exercice _ Essaie de te moquer d’elle gentiment. Pour tester sa répartie. C’est ce qui s’appelle la taquinerie. Ca permet d’instaurer les règles d’un jeu à forte tension sexuelle. 

Conseil : Le degré de taquinerie se situe entre l’ironie et l’admiration. C’est loin du cynisme, très loin de la vanne que tu pratiques avec tes potes, et très très loin de la scatologie. 

Règle n°8 > Tester la sincérité.

Théorie _ N’essaie pas de dissimuler tes défauts. Assume les.

NB : La fille n’attend pas que tu correspondes à ses attentes, mais que tu les déjoues. 

Exercice _ Si elle te dit « J’aime la peinture », tu n’es pas obligé de répondre « Moi aussi, d’ailleurs je m’intéresse de très près à l’influence du fauvisme dans le pop-art, blablabla… ». Tu peux dire que toi, la peinture, ça te fait chier. Que tu préfères la cornemuse (c’est un exemple).  

Règle n°9 > La prendre par surprise 

Théorie _ La fille sait ce que tu veux, ce qu’elle ne sait pas, c’est comment tu vas t’y prendre pour y arriver. 

Exercice _ Essaie de conclure un discours type « La Chine considère le Tibet comme un territoire stratégique, notamment pour sa sécurité… » par «c’est des sous-vêtements Fifi Chachnil ? », en jetant négligemment un œil sur une bretelle qui dépasse. 

Règle n°10 > Réagir avec nonchalance

Théorie _ Tu as du recul. Tu n’accordes jamais trop d’importance aux choses. Tu ne dramatises pas.

Exercice _ Si la fille te demande de bien vouloir la laisser tranquille s’il-vous plaît merci, respire, pense “ce n’est pas grave” et passe à autre chose (va manger un kebab, par exemple). 

NB : Va te faire foutre, salope, n’est pas une option.


 


 

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Quartier d’affaire

mars 26, 2009 · 11 commentaires

Après m’être tordue de souffrance pendant 2 jours, j’eusse espéré un peu de compassion de la part de mes gentils employeurs.

Ils auraient pu m’accueillir avec sourire & tendresse, m’offrir une tasse de thé ou un sac Chloé, pour me soutenir dans ma convalescence.

Au lieu de quoi, figurez-vous qu’ils ont préféré m’envoyer en rendez-vous client :

  • aux aurores,
  • sous la pluie,
  • à la Défense…

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Y a pas de raison que je sois la seule à en avoir profité, alors, j’ai pris quelques photos, quelqu’un, pour partager rétrospectivement ce moment avec toi.

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Maintenant, regarde attentivement ce qui suit, et dis-moi si rien ne te choque…

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Non, tu ne vois pas ?

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Regarde mieux…

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Allez, une dernière…

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Mais putain, C’EST QUOI CES PLANTES VERTES ?

 

A qui veut-on faire croire que la chlorophylle a envie de proliférer dans ces conditions ?

Cher architecte, urbaniste ou autre décisionnaire de ce genre de décisions : tu dois bien te rendre compte que le principe « d’espace vert » est affligeant. Si tu veux construire des grandes tours pour prouver au monde que t’assures sa race dans ton domaine de compétence, assume ! Colle-nous du verre et du béton et de l’aluminium partout. Mais n’essaie pas de  justifier ton délire en plantant 3 arbres miteux de ci de là.

 

Et alors, j’en profite également pour déposer une autre plainte : par pitié, épargnez-nous les oeuvres d’art !

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Je m’en fous que ce soit signé Miró, je vous le demande comme je le pense : QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE TRUC ? J’ai bien des idées (un épouvantail à avions ?), mais j’aimerais l’avis d’un expert.

 

Bon, bref, je vais pas m’étendre sur le thème la Défense, c’est moche, revenons-en à moi, qui suis quand même le sujet principal de mon propos d’origine. Donc, ce matin, après avoir traversé 2001, l’odyssée de l’espace, j’arrive à l’accueil, je dis que j’ai RDV avec madame machin, je donne ma pièce d’identité et on me file en échange un badge “visiteur”. Puis je prends un ascenseur qui monte au 39ème étage approximativement en 6 secondes.

Arrivée là-haut, la cliente me demande si je veux un verre d’eau, parce que je suis toute verte, est-ce que je serais pas malade, par hasard ?

Je réponds que non, merci, tout va bien maintenant que la phase de contagion est presque terminée (hinhinhin), mais que pour être franche, c’est surtout la vue des buildings qui me retourne l’estomac.

« Moi j’aime bien », elle me dit. « D’ici, quand je regarde les gens, je ne peux pas m’empêcher de penser que nous sommes peu de chose…”

Olala, je pense, si elle me sort son couplet philosophique à 8h30 du mat, on va pas s’entendre. Puis, elle s’avance vers la vitre, regarde au loin, et là :

“Venez voir… comme ils sont petits… On a vraiment l’impression qu’on pourrait les écraser.»

 

Catégories : Je travaille
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Merci, Chri, pour le mot d’excuse

mars 24, 2009 · 3 commentaires

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Catégories : J'ai des amis

Où vous pensiez que j’avais épuisé le sujet… mais non

mars 23, 2009 · 16 commentaires

J’aime pas  tout ce qui se tartine : beurre, pâtés, rillettes, tarama…  (le nutella n’est tartiné que par des amateurs ; les professionnels le mangent à la cuillère)

J’aime pas rompre le silence

J’aime pas les cartes de restaurant : j’hésite des plombes, je finis douloureusement par restreindre mon choix à 3 ou 4 plats, que j’essaie ensuite de combiner (« Est-ce que je peux avoir a… mais avec l’accompagnement de b, la sauce de c et la cuisson de d, sans que vous crachiez dans mon assiette ? » ). Mais quoi que je finisse par commander, je regrette toujours. Même si c’est bon. Même si c’est très bon. Parce qu’il y avait peut-être meilleur. Et ceux qui pensent que le mieux est l’ennemi du bien se contentent de peu. Et ceux qui se contentent de peu sont certainement satisfaits. Je les aime pas non plus. 

J’aime pas les entrées en matière

J’aime pas les hommes susceptibles (les femmes sont susceptibles par nature, ça ne compte pas)

J’aime pas les endives

J’aime pas qu’on me demande ce que j’aime comme musique : j’en sais rien, j’y connais rien, je ne fais pas la différence entre le blues et le jazz, la pop et le hip hop, la house et la techno, j’ai zéro culture en la matière. Je ne sais pas précisément qui est Bruce Springsteen, j’ai appris la semaine dernière l’existence de Keith Richards, je ne vois pas très bien en quoi Mozart est un génie. Mon oreille ne distingue pas les différents instruments quand j’écoute un morceau. Et je chante faux.

J’aime pas les piles, les ampoules et plus globalement tout ce qui a besoin d’être régulièrement remplacé.

J’aime pas le café

J’aime pas le blouson rose géranium à fermeture éclair dorée que porte Minerve aujourd’hui

J’aime pas le lundi

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L’art de la négo

mars 22, 2009 · 10 commentaires

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* Je sais, c’est triste.

 

 

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[Interlude  

"Cas un et deux. Je vais me pencher un peu sur le premier, si je peux. Ensuite je me courberai sur le second, si je tiens encore debout. (...) Mais penche-toi vite, mon cher, sinon tu vas oublier." 

Samuel Beckett, extrait de L'innommable.]

 

 

 

 

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Sacrée Marion

mars 20, 2009 · 14 commentaires

J’ai décidé de mener une enquête sur les symbôles du féminin/masculin dans notre société. 

Honneur aux dames. Cette série de posts commence par l’analyse d’une première facette de la figure féminine moderne : la rédemptrice.

Comme support de réflexion, j’ai choisi un reportage photo écolo dans le magazine L, dont Marion Cotillard est le sujet. 

Tableau 1 : “Marie à l’étable”

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Je sais, ma photo est floue et barrée d’un gros reflet, mais moi aussi, ça m’a fait mal aux yeux de lire ça.

 

Pour entrer en communion avec la nature, effectivement, rien de tel qu’un bonnet à la doc Gyneco, des collants rouges et des bottes en caoutchouc (légitimement fashion depuis que Kate Moss a osé les porter avec une robe). Nous sommes là face à une publicité déguisée : la marque “Aigle” des bottes est parfaitement visible sur la photo originale.

La citation en exergue fonctionne comme un message subliminal ; on n’en retient finalement que le début et la fin :  ”Il est important de réapprendre à se connecter avec la nature, avec ce que l’on mange, ce que l’on boit, ce que l’on consomme“.

J’en profite pour faire un parallèle entre publicité et religion. La religion a imposé au cours des siècles un système de valeurs iconographique. Des fresques dans les églises, aux images pieuses des anciens manuels scolaires, l’impact du christianisme sur les esprits est dû en grande partie à l’utilisation des images (justifiée à l’époque par l’illettrisme d’une large majorité de la population).

La publicité a remplacé l’iconographie religieuse, mais elle conserve les mêmes codes. Pourquoi je raconte ça ? Parce que le discours écolo dissimule un message religieux. Ce sont les même valeurs naïves qui sont véhiculées (amour, communion, partage) avec les mêmes procédés (culpabilisation, tables de la Loi : “Tu ne feras point couler l’eau du robinet pendant que tu fais la vaisselle”, etc.). Si on observe la photo en imaginant que Marion et la vache ont remplacé Marie, Joseph, l’âne et le boeuf, nous voilà presque devant la crèche. 

 

Tableau 2 : “Marie agenouillée devant l’enfant Jésus”

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Marion en prière devant un chou, telle une vision trendy de la madone. Si vous doutez encore de mon interprétation, je me permets de rappeler :

  • que la vierge a enfanté Jésus sans copulation préalable,
  • que pour éviter d’aborder le sujet de la sexualité, on avait l’habitude de raconter aux enfants un pieux mensonge : les bébés naissent dans des choux.

 

Tableau 3 : “La prophétie de Marion”

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On n’est pas là pour se moquer (ça va être difficile, mais j’y tiens, ceci est un post sérieux). L’apparente débilité du propos cache une gradation dans la menace. Ce qui m’interpelle, c’est le passage d’un discours tautologique (“s’il n’y avait pas d’arbres, on ne respirerait pas”), à une conclusion castratrice (“rien ne tiendrait debout”). L’arbre, symbole phallique, menace de tomber. Le discours écolo atteint là son objectif culpabilisateur. Si on est méchant, on sera puni. La planète, entité divine, nous réserve un châtiment apocalyptique.

 

Tableau 4 : “La vengeance divine”

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Bon, on va pas s’attarder sur le fait que la grosse colère de Marion, avec ses paillettes bleues sur les paupières et sa pose lascive, ça nous fait doucement rigoler. Intéressons-nous plutôt au procédé syntaxique de fausse opposition. Le contraire de “se rassurer”, normalement, c’est “s’inquiéter”. Or, la citation ne dit pas “Mon inquiétude s’est calmée.” mais “Ma colère s’est adoucie.”. On franchit encore un stade dans la menace. Marion personnifie Mère-Nature en pleine révolte, toute prête à faire déborder le lait de la casserole. Car la nature est nourricière (on nous a collé une miche de pain et du lait qui bout sur la photo pour nous le rappeler), donc si elle se fâche, on n’aura plus rien à manger.

[NB : Etymologiquement, le mot Père vient de Pane-ter = donner le pain ; le mot Mère vient de Mane-ter = donner le sein.]

 

Tableau 5 : “La bergère guide ses ouailles”

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“Je ne suis ni d’Athènes, ni de Corinthe, je suis citoyen du monde”, disait le malheureux Socrate, ignorant que ces propos seraient dévoyés 26 siècles plus tard, par le magazine L. Ignorons superbement le vide sémantique de cette dernière réplique, pour admirer l’ultime métamorphose de Marion en messie, marchant dans la lumière vers un monde meilleur, vêtue d’une jolie panoplie La Redoute et concluons ce trop long post.

La femme joue le rôle de l’immaculée conception. A l’époque, la perfection était symbolisée par la couleur blanche et un vêtement très simple. Aujourd’hui, la perfection, c’est d’être un objet publicitaire bien léché sur photoshop.

Le discours adressé aux femmes par le magazine L établit un idéal canonique : celui de la rédemptrice. L’écologie, comme la religion dont elle est l’héritière, est une valeur féminine. C’est à la femme qu’il appartient de laver les pêchés de l’homme. L’homme fait rien que des bêtises avec la planète et avec son pénis, dans une quête absolue de toute-puissance. La femme est là pour le menacer du déluge, s’il continue de polluer à tort et à travers. 

Dernière remarque étymologique. A l’origine, le terme “pollution” désigne la profanation d’une église. On notera qu’en médecine, il signifie “émission involontaire de sperme”.

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