Et heureusement pour lui : il n’aurait pas survécu à ce que vous allez voir.
Y a quand même pas plus fort que les américains pour illustrer la psychanalyse (Star Wars étant le meilleur remake d’Oedipe qui soit : Luke veut tuer son père après avoir failli sexer sa soeur. C’est pas subtil subtil, mais je l’ai vu 47 millions de fois, alors même pas je critique).
Avec ça, je pense qu’on a touché le fond. Alors, comme je peux pas vous le balancer sans précautions préalables, parce qu’après vous allez faire des cauchemars, une petite introduction s’impose.
Sous couvert d’humour, des scénaristes aliénés ont décidé de traiter le complexe de castration au premier degré. Je vous préviens, quelle que soit votre réaction immédiate (rires, dégoût, stupeur, sentiment d’infinie pitié pour le 7ème art, etc.), vous éprouverez un contre-coup. Une angoisse diffuse va pourrir votre fin de semaine. Vous ne saurez pas d’où ça vient, vous penserez que c’est à cause de la pluie, de la fatigue, vous trouverez des prétextes, vous aurez oublié cette vidéo. Mais sachez qu’elle agira sournoisement sur votre inconscient, pendant quelques jours.
Ceci est un test : essayez de vous souvenir de vos rêves en vous réveillant demain matin. Je prends les paris : ceux d’entre vous qui n’ont pas perdu leurs dents, ou un bras, ou d’autres membres, pendant la nuit, seront remboursés.
Désolée si vous ne parlez pas du tout anglais, mais je ne m’abaisserai pas à traduire les dialogues.
Je sais, je viens de dire que j’avais pas le temps de poster et je poste quand même, je suis l’incohérence faite femme (j’ai failli écrire “l’intolérence”, je lapsus à mort quand je suis fatiguée). Nan, mais là je suis obligée ! Je suis la seule à avoir regardé Ruquier ce soir ou quoi ? Je suppose que je suis la seule. En général, les quelqu’uns, le samedi soir, ils SORTENT DE CHEZ EUX mais moi je peux pas parce que j’ai du travail.
Comment que je regarde Ruquier, alors, si j’ai du travail ?
C’est parce que je fais des pauses.
Et aussi parce que j’aime Zemmour.
Bon, mais attendez, ce soir y avait du lourd, parmi les invités : y avait Jean-Marie Bigard ET Francis Lalanne. C’était trop pour Zemmour et Naulleau. Ils savaient plus où donner de la tête. D’abord Ruquier pose une question à Bigard, que jamais il aurait du lui poser, mais ça, il pouvait pas prévoir. Il lui demande “Qu’est ce que vous aimeriez lui dire à Benoît XVI, si vous le rencontriez ?”. Et là, l’autre, pour une raison totalement incompréhensible, il panique. Ca lui prend 1/4 d’heure de répondre à la question. Il s’embrouille dans des explications démentes. Ca donne un truc du style : “Je lui dirais qu’il ne faut pas ajouter un pêché à un autre pêché, parce que si on a commis un pêché, alors c’est par pour autant qu’il faut en commettre un autre, de pêché, et quand on a une maladie, il faut pas la transmettre aux autres, même si on a été infidèle, parce que le pêché, ça arrive, on peut être dans le pêché, c’est pas pour autant que l’église doit nous abandonner…….” Il s’embrouillait mais il arrivait plus à s’arrêter de parler.
Au début, j’ai cru qu’il avait tué quelqu’un avant d’arriver sur le plateau de Ruquier. Après, j’ai pensé qu’il avait trompé sa femme et qu’il lui avait refilé le sida. Enfin, j’ai compris ce qu’il voulait dire : le pape interdit le préservatif et ça, c’est pas bien.
Zemmour lui fait remarquer que ce qu’il dit, c’est pas très original. Et là, Bigard pête un câble.
Mais ça c’est rien, encore, à côté de Lalanne.
Lalanne il parle avec des mots compliqués. Mais on dirait qu’il les assemble au hasard. Ca donne un discours tellement aberrant, que je m’en souviens même plus. En gros il était question de la V république : selon lui, c’est une monarchie. Il a des preuves : les sénateurs ont voté je ne sais plus quoi alors qu’1/3 d’entre eux avait dépassé son mandat sénatorial.
Zemmour : “Comme dirait Chirac, ce que fait Lalanne, ça s’appelle enculer une mouche qui n’a rien demandé”.
Lallanne devient fou. Rouge écarlate. Il ne permet pas à Zemmour de l’insulter. Zemmour se reprend : “Ce que vous dîtes est faux”. Lalanne repête un plomb. Il ne permet pas à Zemmour de dire que ce qu’il dit est faux. Il lui permet seulement de dire qu’il n’est pas d’accord.
Ruquier se range du côté de Lalanne.
Zemmour lève les yeux au ciel avec une petite moue trop mignonne.
Lalanne, on dirait qu’il va pleurer. Pour le consoler, Ruquier lit ses vers. Ca me fait mal aux oreilles. Naulleau s’en mêle et fait des vers lui aussi :
Je ne fais que passer. J’ai pas le temps, j’ai pas le temps, je suis en retard. Et comme je travaille sur un truc secret, je peux pas t’en parler, quelqu’un. C’est énervant, hou que c’est énervant, hou que tu trépignes de pas-contentitude…
Mais j’ai pas le temps de te consoler non plus. Tiens, fais-toi un bol de Nesquik et regarde ça.
Alertée par ma petite mine d’insomniaque et mes complaintes (je peux pas bloguer, je décède de l’intérieur, haaaaaaaaaaaaa, j’ai mal au ventre tellement j’ai de taf, tu crois que c’est un ulcère ? Je crois que c’est un ulcère…) ma pote aK est venue à ma rescousse. Elle a écrit un post hier, avant de quitter le bureau.
(aK speaking)
Bon, telle que vous me voyez, j’ai pris possession de tous les ordinateurs du monde entier.
Qu’est-ce à dire ?
Ben, comme vous avez d’ores et déjà pu le remarquer, les lignes que vous lisez ne sont PAS écrites par Julie F., mais bien par moi, la femme de l’ombre, la geek de la grotte qu’on ne sort que pour les bar-mitzvah, oui moi, aK.
J’ai pris possession de tous les ordinateurs, du monde entier, et du bureau surtout.
Dans un but complètement inavouable. Bon, ok, si, je vous raconte, parce que moi ça me fait rire.
Je vais rendre ma patronne folle… avec des zizis : le concept est posé.
En ce moment, Patronne a peur. Peur de la crise, peur que Grand Méchant Patron du CAC40 nous paie plus à manger, peur que les oiseaux arrêtent de chanter, peur. Elle lit des citations Evenepour se rassurer, mais ça marche pas.
Pour continuer à ne pas la rassurer, et puisqu’elle lorgne sur mon écran 24h/24 (enfin, 10h/24h, qui sont toutes les heures quotidiennes que je donne, corps, âme et Photoshop, à mon Entreprise)… Je dessine des bites. Partout, sur tous mes documents ouverts.
C’est la parade ultime. Elle ne peut décemment pas venir me voir : « aK, tu peux arrêter de dessiner des bites sur les PowerPoints de l’appel d’offres pour la rubrique développement durable ? ».
Et quand bien même elle le ferait… Je la regarderais bizarrement.
aK, esbaudie : « ben Patronne, c’est pas une bite ?! Ce serait très déplacé, sans compter le quotient vulgarité qui ne sied pas tout à fait au positionnement EXCELLENCE 5 ETOILES de l’Entreprise ?! »
Patronne, un peu sonnée : « Julie F., tu peux venir voir ? Qu’est-ce que tu vois sur cet écran ? »
Julie F., complice : « … une présentation … ? »
Patronne, pernicieuse : « sois plus précise »
Julie F., creusant : « … une présentation sur le développement durable ? »
Patronne, fatiguée : « Là ! au milieu ! le dessin ! »
Julie F., à fond dans son rôle : « LE LOGO ! LA CHARTE GRAPHIQUE ! »
Patronne, criant dans l’openspace : « LA BITE AU MILIEU ! LA BITE AU MILIEU ! TU LA VOIS LA BITE AU MILIEU ?! »
Là, j’aurais réussi mon coup.
Les collègues auraient peur à leur tour.
Qui sait ce que je pourrais faire à leur fond d’écran…
Aucune Julie F. n’a été maltraitée pendant la rédaction de ce post. Elle croule juste sous 14 982 PowerPoints (sans zizis, lucky Julie F.), et tient à s’excuser de vous avoir fait subir ça.
Que tous ceux qui veulent squatter mon blog se manifestent. Je peux poster vos conneries pendant encore quelques jours. Non, je n’accepte pas les dessins de bites. Chri, n’essaie même pas.
Moi je veux bien qu’on débatte d’une vieille théorie en vertu de laquelle le ridicule ne tuerait pas, mais les sacs à mains pour homme, je dis non, halte, faut pas pousser mémé dans les orties (mon amour des proverbes, toujours…). Heureusement, ça se répand assez peu cette non-mode. Mais j’en entends régulièrement certains qui soulèvent l’hypothèse de, qui n’osent pas encore tout à fait, mais qui légitiment, comme quoi tel créateur, et puis c’est bien pratique…
Alors, mettons les choses au clair tout de suite :
Oui, un sac à main, c’est pratique. Perso, sans mon sac à main, je ne suis rien.
[Tu connais ce jeu qui consiste à proposer un choix absurde, genre "tu préfères avoir un bras long de 2 mètres ou un 3ème sein dans le dos ?" (et là, même si tu sais que ce jeu est trop con, tu peux pas t'empêcher de te poser vraiment la question, tu fais genre tu vas pas t'abaisser à répondre, mais tu pèses intérieurement le pour et le contre... je peux toujours replier mon bras très long, tandis que le 3ème sein dans le dos, si je porte un T-shirt moulant, etc.). Alors, à la question la plus absurde que tu puisses imaginer, si le second paramètre c'est "ou sauver ton sac à main", je n'hésiterais pas un quart de demi seconde (Tu préfères éradiquer la famine dans le monde ou sauver ton sac à main d'un incendie ?/Tu préfères sauver un mignon petit enfant de la noyade, ou ton sac à main ?/ Tu préfères exterminer les plus jolis chatons de la planète ou perdre ton sac à main ?...)]
Mon sac à main, c’est une extension de ma personnalité.
J’oublie régulièrement mon manteau dans un café, mes clefs chez moi, mes power point avant un rdv client, mais il ne m’est jamais arrivé d’oublier mon sac à main. Sauf une fois, en rêve. C’est la variante adulte du pire cauchemar des enfants, tu sais, celui où tu débarques à l’école sans chaussures ou sans culotte ou même tout(e) nu(e)… évidemment tu t’en rend pas compte sur le chemin, mais trop tard, une fois que tous les autres petits élèves t’encerclent en chantant “elle a pas de culotte, elle a pas de culotte”. Alors imagine des chefs de projets entonner en choeur “elle a pas de sac à main, elle a pas de sac à main”, et tu auras un aperçu des limbes de mon inconscient.
Inventaire de mon sac à main :
des kleenex (parce que je suis tout le temps enrhumée),
un cahier pour écrire des trucs qui servent à rien en petites pâtes de mouche, alors que j’ai une belle écriture ronde, mais c’est au cas où quelqu’un tomberait dessus un jour, j’aimerais pas qu’il puisse déchiffrer mes pensées secrètes, résultat, j’arrive jamais à me relire moi-même (au passage, j’aimerais te faire part d’un truc chelou : j’ai des centaines de cahiers chez moi, remplis de questions existentielles et j’ai toujours peur de me faire écraser par un bus par exemple, avant d’avoir eu le temps de les détruire, parce qu’à l’idée qu’on les trouve après ma mort, j’éprouve un sentiment de honte posthume),
un agenda (dont j’adore feuilleter les pages du futur, celles où j’ai pas encore de rdv pris, de déjeuner avec machin, de courses à faire, celles où je suis une femme libre),
un téléphone,
des clefs,
un livre,
un appareil photo,
des stylos : je suis clepto des stylos, j’en ai toujours entre 10 et 15 sur moi (mon dieu du ciel béni, faîtes que la production des pilot Hi-Tecpoint V7 ne soit jamais interrompue),
du maquillage alors que je me maquille pas. Mais au cas où j’aurais un besoin urgent de fard à paupière ou de fond de teint un jour, je veux pas être prise au dépourvu (le coup de “se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue”, ça m’a traumatisée. C’est des malades à l’éducation nationale de nous faire apprendre ça par coeur, comme si on n’avait pas déjà assez de sujets d’angoisse en CP).
un portefeuille,
une carte de métro avec ma photo dessus où on dirait que je sors d’un pensionnat pour jeunes filles du XIXème siècle,
des marlboro light.
Si l’un de ces éléments manque, je m’en rends compte tout de suite. Parce que mon sac à main a un poids idéal, qu’à l’usage, je ne peux manquer de reconnaître. Sans les cigarettes, par exemple, les quelques grammes en moins me dérangent au niveau de l’épaule, et je me sens mal.
Inversement, si quelqu’un me demande (même gentiment) “Tiens, est-ce que tu peux prendre ça dans ton sac ?” (peu importe s’il s’agit d’un objet très léger, d’un CD, d’une canette de coca, d’un porte-monnaie…), la réponse est non. Non, je ne peux pas. Ca va alourdir mon sac, qui va se micro-déformer, perdre de sa texture souple, peser à peine plus lourd sur mon épaule et je vas me sentir mal. Il parait que l’âme a un poid (c’est la voix off de 21 grammes qui le dit), et bien mon sac à main aussi a un poids. C’est un poids existentiel. Et c’est moi qui le porte. Chacun ses fardeaux.
Et là, pour en revenir au sujet de départ, parce qu’en dépit des apparences, je n’ai pas perdu de vue mon propos initial, tu pourrais me dire : mais les garçons aussi, ils ont des choses à porter (des kleenex, pourquoi pas ?, un téléphone, des cigarettes, peut-être même un livre, certainement un portefeuille, des préservatifs parce qu’on sait jamais, la photo de leur maman, les clefs de leur moto… dans mon imagination, tous les garçons ont une moto ) et bien avec toutes ces choses et seulement 2 poches, comment ils font ?
Tu veux que je te dise ?
J’en sais rien.
Et je veux pas le savoir.
Ils se débrouillent.
C’est pas mes affaires.
Qui c’est qui a des longs cheveux que si tu fais pas des masques hydratants à la crème de noix de coco des îles de temps en temps, ils deviennent tout secs ? Qui c’est qui s’épile les jambes une fois par mois ? Qui c’est qui va devoir expulser un être humain de son utérus ?
… Alors, le sac à main, y a pas moyen que ça deviennent un accessoire mixte. Je suis contre. Je refuse. Je m’oppose. Non, non et non. Non.
Voilà. Exceptionnellement, je ne relirai pas ce texte, parce que je n’ai pas le temps (et là, tu penses que si j’ai le temps d’écrire 80 lignes sur un sujet aussi inexistant que les sacs à mains pour hommes, tu vois pas pourquoi j’aurais pas le temps de relire. La réponse est simple : quand j’ai un propos à défendre j’écris vite. Mais relire, c’est chiant. Ce qui est chiant me prend plus de temps. Faire le ménage, par exemple, ça peut me prendre un week-end entier. Je fais pièce après pièce, genre je commence par la cuisine et je m’arrête, je sors, je rentre, je mange, avant de faire la chambre, puis je mate un DVD, je ressors, j’écris avant de faire la salle de bain et là, je me rends compte que la cuisine est de nouveau toute en désordre, bon, bref, je développe pas plus, t’as compris le principe) alors pour les fautes d’orthographes, laissez vos réclamations en commentaires, svp.
PS : Sinon, rapport à hier soir (ah ! t’y croyais plus, hein…), est-ce que Lio est vraiment obligée de nous infliger le spectacle de ces seins à l’air à la télé ? C’est pas comme si M6 prévoyait au montage des inserts préventifs “Attention, le plan suivant risque de choquer la sensibilité des non-aveugles”
……….Ca me rappelle des souvenirs, ce dessin… Il était une fois, il y a 10 ans, bordel de merde comment ça passe trop vite, Chri découvrait la Corse. Elle avait trouvé un job de serveuse pour l’été au Cabanon Bleu*.
Moi j’étais au lycée. A l’époque, mon grand cousin et sa bande de potes étaient chargés de me baby sitter (= de m’apprendre à faire des dérapages sur les parkings de boite de nuit, rouler des joints, retenir le nom des joueurs du Milan AC… merci les gars, mais maintenant que vous êtes tous mariés et papas, je peux vous le dire, ces années de formation n’ont servi à rien : je ne me drogue plus, je conduis comme une déesse, sans jamais tirer de frein à main, et au risque de vous décevoir au plus profond de votre individualité collective : je n’ai toujours pas compris le rapport entre un hors jeu et un penalty).
Enfin, bref, le chef de bande, que j’appellerais Claus, je trouvais ça louche qu’il nous réveille tous à 10 heures du mat, pour aller à la plage (quand on s’était couché à 9h). Mais à 10 heures, Chri commençait son service…
Aux vues de la météo parisienne ce week-end, ces photos ne me font pas du bien, alors, je préfère passer sans plus attendre à la seconde partie de ce post :
Dimanche, c’est liens…
Voilà mes découvertes de la semaine (attention, attention, y a du niveau…)
Qui dit que le web est le support de la malécriture, n’a pas encore découvert Abstrait # Concret (normalement, c’est un signe contraire qui sépare les 2 mots, mais je le trouve pas sur mon clavier et j’arrive pas à insérer de caractères spéciaux et y a pas moyen que je m’obstine, c’est dimanche).
Parce que “Pravda, c’est la vérité”, vous ne pourrez plus vous passer de ça (“Un media alternatif et transversal qui prend son temps. Un petit blog entre amis qui se comprennent si tu préfères”).
Enfin, je vous présente Foxed, le groupe de Piedo (et c’est pas parce que je suis en voie de développement, niveau culture musicale, que je vais me priver de donner mon avis : ma préférée, c’est “Grey”)
Ouais, j’ai rien posté pendant 3 jours, je sais, je crains, je loose, la culpabilité me ronge la moelle épinière. Nonobstant, j’ai pléthore de bonnes excuses :
1/ J’ai vraiment pas eu le temps (semaine de ouf-gue-din, RDV clients aux 4 coins de Paris, et sortant du taf, fourbue, alors que je m’apprêtais héroïquement à rentrer bloguer, le peu d’amis qu’il me reste avait saturé ma messagerie de menaces… Tu préfères ton mac aux êtres humains, tu perds la tête… Ou tu viens prendre l’apéro avec nous, ou on lance une attaque virale : on pollue ton wall fb, on trolle tes commentaires, on bombarde des web-rumeurs sur ton compte…)
2/ Mes journées étaient tellement chiantes que je ne pouvais pas me permettre de les raconter. Y a des limites à la capacité d’intérêt des lecteurs.
3/ J’ai atteint des records de fatigue. Et quand je suis fatiguée, je vois des trucs chelous. Je crois que, passé un certain stade, mes synapses se connectent sur une fréquence parallèle (je me suis aussi – enfin – décidée à boire de l’alcool, ce qui pourrait peut-être expliquer les hallucinations).
Par exemple, je sais pas si tu as remarqué, quelqu’un, mais à un moment donné, mardi, le ciel a pris une texture très bizarre. Moi, j’étais un peu sur mes gardes. Je m’attendais à voir surgir des fremen ou des space ninjas dans mon dos (mon cas n’est pas clinique, c’est juste que je possède une excellente culture en séries Z et autres navets de science-fiction).
Je veux bien mettre sur le compte du manque de sommeil les dérives de mon imagination, m’enfin, faut avouer que y a des gens, dans la rue, ils sont pas très rassurants, quand même.
Et les boutiques de déco design, tu trouves pas ça flippant, toi, les boutiques de déco design ?
Faut pas être tout seul dans sa tête pour faire rentrer un truc pareil dans son appartement (j’ai fait un rêve dans la nuit de mardi à mercredi où des statues de bouledogues français prennent vie et se multiplient et Mia Frye les entraîne dans une chorégraphie sataniste, pour autant que je me souvienne).
Mercredi matin, je me réveille en espérant avoir recouvré ma santé mentale. Et là, je tombe sur des convois de sécurité dépêchés par le ministère de l’intérieur (ce qui, déjà, me rassure moyen…)
D’autant que les gendarmes s’obstinaient à faire une jolie ronde autour d’inoffensifs manifestants tamouls….
… alors qu’au même moment, des laveurs de vitre intergalactiques préparaient une invasion de la capitale.
Il fallait absolument que je voie des gens en dehors du travail, pour ne pas sombrer dans la démence.
Donc, le soir, je rejoins 2 copines : O. et L.
Avisant un photomaton, on décide d’immortaliser notre amitié.
Et bien, crois le ou pas, j’ai évidemment aucune preuves à fournir. Mais le temps s’est arrêté. On a patienté 4 minutes, pendant des heures. On regardait nos montres à tour de rôle, (Moi : “Je crois bien que ça fait 10 minutes” ; O. : “Peut-être que ça n’a pas marché ” ; L. : “Peut-être qu’on a oublié d’appuyer sur le bouton” ; Moi : “Eh, les filles, sans dec, depuis combien de temps on attend ?” ; L. : “Il est quelle heure ?”… Je riais nerveusement. O. essayait de me rassurer avec la fameuse démonstration “l’attente fait paraître le temps plus long”. Le temps est-il subjectif ? Une condition a priori de notre expérience ? On en était là de nos réflexions quand les photos sont enfin sorties.
Sauf qu’elles avaient l’air d’avoir été prise en 1839 !
Avec le recul, je pense que c’était pas vraiment un photomaton, mais une machine à voyager dans le temps (je suis seule sur la première photo parce que O. et L. ont probablement été prises dans une faille temporelle).
Jeudi, je décide de mettre fin à mon trip science-fiction (je vais avoir 26 ans le mois prochain, il faut que je me prépare psychologiquement à quitter l’adolescence).
A midi, je vais acheter un sandwich à emporter (parce qu’en ce moment, je n’ai même pas le temps de me poser pour déjeuner). Je paye (8 € !) et là, la serveuse me sort textuellement : “Bonne dégustation”.
Spontanément, on dirait plutôt “Bon appétit”. Ca demande un effort de dire “Bonne dégustation”. Ce n’est pas naturel.
Je me remets à fonctionner en mode parano à plein régime. Je pars en free style sur une variation de 1984 : j’imagine que les employés des chaînes de restaurant sont formés, lors de stages, à utiliser certaines phrases plutôt que d’autres. On les oblige à répéter “Bonne dégustation” en souriant, jusqu’à épuisement. Tout ça pour satisfaire une logique mercantile selon laquelle il est possible d’influencer inconsciemment le consommateur par une propagande linguistique. Un truc qui se déguste paraît meilleur qu’un truc qui se mange.
Pour que nous acceptions une hausse indécente des prix sans nous révolter, on nous hypnotise quotidiennement, à coups de phrases anodines… Bonne dégustation…. Bonne dégustation… Bonne dégustation…
J’ai besoin de me détendre. Il est 19h30 : je sors boire un mojito.
Je parviens peu à peu à replacer les éléments dans leur contexte. Mon cerveau est à nouveau capable de produire des enchaînements logiques. La réalité familière reprend forme.
Je pense être tirée d’affaire.
Et là, là…… je découvre un truc de malade… un dangereux secret…. évidemment, personne ne veut me croire, mais, je m’en fous, je sais bien, moi, ce que j’ai vu.
Je me suis un peu endormie sur l’enquête commencée ici. Et toi quelqu’un, tu t’es dit ça y est, elle arrête de nous soûler avec les figures du féminin et du masculin au XXIème siècle, on va pouvoir tranquillement commenter la Nouvelle Star. Et bien non. Je m’obstine. Après la rédemptrice, en ce lundi de Pâques, je me suis penchée sur l’analyse d’une autre facette de l’iconographie féminine : la victime.
La victimisation de la femme est un lieu commun. Elle donne lieu à différents types de discours (condition des femmes dans l’histoire, disparités salariales, violences conjugales et autre débat sur le port du voile…). Mais plutôt que d’aborder les cas manifestes de victimes, présentées comme telles à grand renfort de témoignages, ce qui m’intéresse, c’est la victimisation latente de la femme dans l’imagerie moderne et en particulier dans la publicité. Car la pub exploite mieux que n’importe quel autre support les fantasmes universels.
Zadig & Voltaire étant une marque de fringue, la question mérite d’être posée : est-ce que cette photographie fait réellement la promotion d’un vêtement ? On voit à peine le jean et la ceinture. Quant au T-shirt, il ne peut décemment pas faire l’objet d’une publicité… Il n’y aurait pas écrit “Zadig & Voltaire” sur la photo, j’aurais pris ce truc pour une pub Jacques Dessange. (Tiens, Thomas de la NS a exactement la même coupe de cheveux. Cette remarque est hors de propos, c’est pourquoi elle est entre parenthèses. Je dis ça au cas ou t’essaierais malgré tout d’embrayer sur M6 dans les commentaires).
Je suis donc parvenue à la conclusion suivante : l’affiche n’a pas pour but de vendre un vêtement, mais de promouvoir un style. C’est un concept publicitaire qui tend à se généraliser : on ne présente plus un produit, on nous vend directement un stéréotype.
Ici, le stéréotype est immédiatement reconnaissable : la nana rock’n roll & glamour. Pourtant, derrière le message commercial, la mise en scène du corps féminin respecte les codes symboliques de la victimisation.
1/ L’androgynie
- La coupe à la garçonne, l’accoutrement (jean/ceinture cloutée/T-shirt large) et la posture main dans les poches fonctionnent comme signaux du masculin.
- C’est essentiellement la poitrine, visible par transparence, qui suggère la féminité.
- Le bijou est un mix : la joallerie est affaire de femme, mais cette longue chaîne, au bout de laquelle se balance un pendentif plume en métal, est typique des colliers pour homme.
Le mélange d’attributs masculin/féminin ne débouche pas sur une identification sexuelle claire. Il renvoie à un troisième signifié : l’enfance (l’enfant n’a pas une conscience claire de son appartenance à l’un des 2 sexe jusqu’à l’âge de 3 ans, et ce n’est qu’à la puberté que les caractères sexuels atteignent leur pleine maturité).
Or, l’enfant est la victime par excellence : il n’a pas encore développé les moyens de défense propres à l’adulte, tels que la force physique, ou l’expérience.
L’allure androgyne, souvent qualifiée de sexy, suggère donc effectivement une forme de sexualité, mais il s’agit d’une sexualité infantile.
NB : De l’enfant, cette jeune femme a également le code vestimentaire (ce sont les pettes filles qui habituellement ne portent pas de sous-vêtements, en tout cas, dans notre société occidentale moderne)
2/ La violence
Attardons-nous plus longuement sur les indices de féminité :
- la transparence du T-sirt (seins visibles),
- l’épaule dénudée,
- le maquillage.
Ils évoquent la violence subie.
- La transparence donne l’idée d’une nudité fragile (immédiatement accessible au regard, sans protection).
- L’épaule est dénudée parce que le T-shirt est déchiré, à l’encolure et aux manches.
- Le maquillage creuse les joues et accentue le regard. La lumière crée des contrastes qui durcissent le visage.
Ces 3 éléments racontent une histoire, interprétée inconsciemment comme l’histoire d’un viol. Le personnage du violeur est invisible mais bien présent. Il est celui qui a déchiré les vêtements. Il a eu accès à la nudité. Il a provoqué le regard de détresse.
Or, le spectateur a lui aussi accès (visuellement) à la nudité. Le regard de reproche semble donc s’adresser à lui.
Cette mise en scène du corps féminin place le spectateur en position de violeur.
3/ L’appel à l’aide
La pose nonchalante (mains dans les poches) contredit la tension du regard, fixé sur l’objectif.
Ce regard peut être interprété :
- comme un reproche,
- comme un appel au secours,
- comme une invitation. Car la posture est suggestive. De ”j’ai peur de me faire violer” à “je veux me faire violer”, il n’y a qu’un pas. La position du spectateur est de plus en plus ambigüe : on l’appelle à l’aide et on le séduit simultanément. On l’appelle au viol et on le condamne.
La photographie génère donc un mouvement contradictoire : un conflit entre la pulsion sexuelle et la culpabilité.
Elle véhicule dès lors un fantasme latent : la femme aime être violée. Le viol prend ici toute sa mesure symbolique, car il acquiert une fonction punitive (la femme est coupable de provoquer le désir de l’homme).
Le principe de la victimisation atteint son paroxysme quand la victime s’accèpte comme telle, voire quand elle se revendique comme telle :
Evidemment, il s’agit là d’un cas de figure isolé et l’on trouve de tout sur You Tube, faut pas généraliser. N’empêche que, dans une moindre mesure, certains axiomes du discours de cette étudiante masquée se sont répandus. La démocratisation de la pornographie, l’engouement récent pour les sex toys, la libéralisation de la sexualité en dehors de l’enceinte du couple ont entraîné une dérive violente de la pratique sexuelle.
Par “violente”, je n’entends pas nécessairement une agression physique, mais une façon de se dé-considérer, c’est-à-dire une approche du corps comme objet.
L’évolution du langage rend compte de cette dérive. Pour signifier le plaisir, on utilise désormais le lexique de la violence : “grave”, ”mortel”, “c’est dl’a bombe”, “ça tue”, “ça déchire”, etc…
Conclusion
On est entré dans l’ère d’une surenchère émotionnelle. Dans le discours, les superlatifs se sont banalisés. On ne peut plus lire un article sans que le sujet traité soit qualifié de “summum, nec plus ultra, plus, mieux, meilleur, incroyable, époustouflant, inédit, etc”. A force de tout dramatiser, le ressenti perd du sens. On intensifie les émotions de peur de ne rien éprouver.
C’est la peur de la frigidité qui mène les femmes à se faire violence. Tandis que la peur de l’impuissance mène les hommes à violenter.
En somme, tout se passe comme si au delà du mieux, il ne restait plus que le pire.
Annexe étymologique
Les termes “violence” et “violer” sont dérivés du même radical latin, “vir” : l’homme au sens mâle du terme (que l’on retrouve dans “virilité”)
Annexe cinématographique (et semi-private joke)
Le problème d’un film comme Irréversible, c’est que sous couvert d’une dénonciation, il légitime le fantasme du viol. Le choix du plan séquence est à ce titre révélateur. Il implique qu’il n’y a pas de traitement de la scène au montage.
Pourtant, le montage est un élément essentiel dans la structure de ce film (dont la chronologie est inversée).
Présenter une scène de viol en plan séquence, n’est pas seulement, comme l’affirme Gaspard Noé, une volonté de réalisme.
Ce choix dit autre chose. Il dit : “Je n’interviens pas en tant que metteur en scène : je laisse les évènements se dérouler, je n’ai pas la puissance de changer le cours des choses. Donc, je ne suis pas responsable”. Ce n’est pas le sujet du viol qui me dérange, c’est le refus d’une prise de responsabilité artistique.
Annexe musicale
Ok, c’était pas cool de ma part de te prendre la tête en début de semaine. Alors je propose qu’on se quitte sur ces belles paroles de Boris Vian
Cette semaine, si tu veux du dessin, c’est par là que ça se passe.
Pour me consoler des infidélités de Chri, je mange du chocolat noir Nestlé Dessert en lisant Public devant ma télé, l’ordinateur allumé à côté de moi et en écoutant de la musique (parce que je suis une fille multifonctionnelle, figure-toi… je peux aussi faire des trucs pas croyaux comme remettre en place la mèche de cheveux qui pendouille devant mes yeux, sans les mains, juste en soufflant dessus, ou attraper des petits objets avec mes orteils, et aussi, plier uniquement la phalange supérieure de mon annulaire droit, le gauche je m’entraîne mais j’y arrive moins bien).
Ce genre de lecture me met le coeur en joie :
Question bien légitime : Mais, qui est Karine Ferri ?
Réponse : La meuf de Gregory Lemarchal.
Effort de mémoire : ………….. Grégory Lemarchal… Grégory….. Lemarchal…
Recherche Wiki : Grégory Jean-Paul Lemarchal (né le 13 mai 1983 à La Tronche, mort le 30 avril 2007 à Suresnes des suites de la mucoviscidose) est un chanteur français connu pour avoir remporté l’édition 2004 de Star Academy.
Re question bien légitime : Qui s’intéresse à Karine Ferri ?
Re réponse : Tous ceux qui s’intéressaient à feu Grégory Lemarchal. La girlfriend de notre victime nationale, possède un avantage sur lui : elle est encore en vie (une victime morte n’intéresse plus personne, car elle a déjà accompli son rôle sacrificiel).
NB : Je suis en train de préparer un post sur le thème de la victime, d’où mon intérêt soudain pour Gregory Lemarchal.
NBB (Nota Bene Bene, eh ouais, j’invente même des accronymes, le dimanche, j’ai rien d’autre à faire) : Je croyais que Wiki faisait de l’humour. Que nenni. La Tronche existe vraiment. Les habitants de la Tronche s’appellent les Tronchois.
Allez, comme je suis sympa, je te fais cadeau d’un petit zoom :
Karine et Gregory se rencontrent grâce à leur maquilleuse commune…
… Et là, en lisant Public, la notion de tragédie prend tout son sens : le futur père de mes enfants se cache peut-être en ce moment même chez mon esthéticienne, ou chez ma gynécologue…
C’est Dimanche-nawak, donc rien ne m’oblige à faire une transition. En découvrant hier le 18ème arrondissement (ça fait 8 ans que je vis à Paris, mais je continue de visiter), je suis tombée là-dessus :
Et là, j’ai imaginé ce que ça donnerait si tous les petits commerçants faisaient eux-mêmes leur auto-promo. Le boulanger en bas de chez moi pourrait écrire sur sa vitrine “Ici, le croissant coûte 9 euros, mais travailler plus pour gagner plus, si c’est pas pour dépenser plus, ça sert à quoi ?”. Le café en bas de chez moi : “Ici n’y a jamais personne, parce qu’il faudrait être fou pour avoir envie de se balader dans ce quartier pourri, mais puisque vous êtes déjà là, autant prendre un café, hein ?”. Le restau en bas de chez moi : “Remoulade de queue de sardine, ça fait rêver personne, m’enfin, si c’est pour manger un steak-frites, autant rester chez vous”. J’ai déjà dit que je voulais déménager ?
Sans transition.
Dimanche c’est Liens. Alors cette semaine, c’est lien-nawak, parce que tout le monde les connaît déjà, mais j’ai pas eu le temps de chercher d’illustres inconnus dans la blogosphère.
Alors, kiffe kiffe Nora et connasseee (attention, pour connasseee, j’ai fais un lien vers la catégorie “Mon père… what else ?”, mais y a d’autres catégories)
Tu as cru que j’avais lâché l’affaire avec la Nouvelle Star, quelqu’un. Mais point. J’ai fait l’impasse dessus quelques semaines, pour te leurrer. Et aussi parce que le niveau pitoyable des dernières auditions m’empêchait déontologiquement d’aborder ce sujet.
Mais passer sous silence le premier prime à Baltard, c’est contraire à mon sens de l’éthique. On vit dans une société qui nous conduit à employer des expression comme “premier prime”, ça me fatigue, ça me fatigue.
J’ai réfléchi toute la journée. Et je suis parvenue à démêler ce conflit déontologico-éthique (je fais ça pour brouiller les cartes de Google : indexer “conflit déontologico-éthique” et “premier prime à Baltard”, ça peut peut-être faire exploser les serveurs).
En tant que blogueuse, je me dois d’anticiper les évènements historiques.
J’aurais pu, comme certains, prévoir les conséquences du 11 septembre, la crise financière ou l’accession d’Obama à la maison blanche.
Mais j’ai blogué trop tard.
Mon esprit visionnaire ayant peu de choses à se mettre sous la dent (Sarko va-t-il s’acheter une nouvelle montre ? Où va-t-il partir en vacances cet été ?), la Nouvelle Star sera donc le terrain de mes prédictions.
[Tu remarqueras, quelqu'un, ce goût immodéré qui me caractérise pour les introductions, car à ce stade du post, pourtant bien avancé, je n'ai toujours rien dit de plus que ce que j'avais déjà annoncé dans mon titre.]
Après étude approfondie de tous les paramètres à ma disposition et lecture d’entrailles d’oies sauvages, je suis donc en mesure de vous donner le nom du futur gagnant.
Mwahaha.
[Quelqu'un, tu as certainement déjà fait l'expérience de la pression en tant que téléspectateur, par exemple devant 24 heures Chrono. Jack Bauer, il doit faire un truc improbable, comme empêcher qu'un virus se propage et toi tu trembles, tu te dis "pourvu qu'il y arrive, pourvu qu'il y arrive", tu fais des prières absurdes devant ton écran, tu n'oses pas mettre pause pour aller faire pipi, tu sais très bien qu'il va y arriver : c'est une connaissance empirique (aucune série ne s'est jamais terminée par un virus qui décime la planète), mais c'est plus fort que toi. Tu as la pression.
Et bien, moi, cette année, devant la Nouvelle Star, j'ai la pression qui monte en crescendo. Rien à voir avec les candidats, pourtant. C'est la Nouvelle Présentatrice qui me fait frémir. Comment cette gourdasse, elle va s'en sortir ? je me demande sans cesse. Je suis toujours très mal à l'aise pour les gens qui s'humilient en public. Alors à chaque fois qu'elle est dans le champ de la caméra, l'angoisse m'étreint.
Tout ça pour dire que je peux bel et bien dévoiler le gagnant sans anéantir le suspens de M6. Quel tour de force. Tu scrolles, tu scrolles, quelqu'un, et moi, je ne prédis toujours rien.]
J’ai hésité à sacrer Damien. Parce que ce mec est une version sexy de Droopy. Il a les yeux qui tombent, les paupières lourdes et le regard intense, ce qui est parfaitement incohérent (habituellement paupières lourdes = regard bovin). Or, l’incohérence est un facteur de charme. Et je devine également qu’il chante bien. Mais je n’en suis pas certaine. J’ai un problème de reconnaissance musicale : mon oreille interne ne perçoit pas les mêmes notes que vous.
D’ailleurs je tiens à corriger une erreur faite de par le passé. J’ai dit que je chantais faux. C’est inexact : j’entends faux.
J’ai hésité à sacrer Madhi, parce qu’il envoie le style. Il est bien bien à l’aise, ce garçon. La seule chose que je lui reproche, c’est de vouloir communiquer ses pensées au monde extérieur. “Je veux donner de l’amour au public”, non, Madhi, non. Non. Chante en silence, s’il te plaît.
Mais, c’est Camélia-Jordana qui va gagner.
Pourquoi ? Parce que…
1/ … si choisir de chanter Carla Bruni (unique cas d’hystéro apathique recensé à ce jour) est indubitablement une preuve de mauvais goût, électriser une chanson de Carla Bruni, ça relève de la magie.
2/ Et une tentative de mauvais goût transformée en magnétisme, voilà ce qui caractérise cette petite minette de 16 ans.
Des lunettes beaucoup trop grosses, une mèche beaucoup trop dans les cheveux, elle aurait pu ressusciter en moi des terreurs enfantines (quand j’étais petite j’avais peur de Nana Mouskouri).
Au lieu de ça, elle dégage une forme de coolitude que j’affectionne : elle semble tout droit sorti d’un film américain indépendant. C’est une nana de la veine d’Ellen Page.
3/ Je trouve qu’elle chante bien (je dis ça, je dis rien), mais surtout, je trouve qu’elle est singulière.
Et la singularité est la plus rare des qualités en ce bas monde qui tend à l’uniformisation jusque dans les franges marginales de sa population.
4/ C’est la singularité qui fascine les masses. Or, le principe de la Nouvelle Star est simple : la masse décide (au passage : moi, ça me dérange pas trop que les gens votent pour leur adolescent préféré sur M6. Ce qui me dérange, c’est qu’ils votent aussi pour des dirigeants politiques. Je n’ai pas encore évoqué mes tendances dictatoriales ? On en reparlera)
La demoiselle aux camélias sera donc la nouvelle star 2009 (et si c’est pas elle, j’effacerai ce post ; il ne subsistera aucune trace de mes augures foireux)
Spéciale dédicace à mes voisins :
Au premier étage, y a un bébé qui pleure beaucoup. Au second, y a un sociopathe de 15 ans qui a déjà essayé de foutre le feu à la cage d’escalier. Au troisième, y a une sexagénaire mystique qui fait brûler de l’encens dans le couloir pour éloigner les mauvais esprits. Autant dire qu’avant la Nouvelle Star, je passais plutôt inaperçue.
Depuis quelques semaines, j’ai acquis un nouveau statut au sein de mon voisinage. Maintenant, on a peur de moi. On me salue avec révérence. On sort sa tête à la fenêtre le mardi soir, pour épier mon arrivée. On me demande l’air de rien quand mon bail expire…
Oui, j’assume désormais ma quote-part de nuisance sonore : je chantonne pas, mélodieusement devant la télé, je beugle du Otis Redding à tue-tête debout sur mon canapé.
C’est mardi, c’est déprime. D’habitude je déprime le lundi, mais hier, j’ai passé une excellente journée, alors je décale.
Avec collègue boxeur, on se tape un trip “on dirait qu’on est dans Prison Break”.
Moi, je dépose des origami sur son bureau.
Lui, il fait genre il a le plan de l’agence tatoué sur le corps pour nous sortir d’ici.
Techniquement, je n’ai qu’à poser ma démission.
Mais.
Divers prétexte fallacieux m’en empêchent :
C’est la crise.
C’est pas comme si j’avais des milliards d’autres compétences, en biochimie moléculaire ou en droit pénal international, par exemple.
Je m’imagine sans boulot, condamnée à me sustenter de pâtes, refusant de me prostituer pour gagner de quoi payer ma connexion internet.
En même temps, je m’interroge : qu’est-ce qui est pire ? Vivre dans la pauvritude, ou passer 8h/jour dans un état relativement proche de ça :
(Attention, je m’apprête à anéantir ma réputation online en postant une vidéo qui a déjà fait 46 fois le tour du web. Pour les web-handicapés de mon espèce, je re situe : David, 7 ans, sort de chez le dentiste, victime des effets de l’anesthésie…)