Il était une fois sur le web

Entrée de juin 2009

Les 10 questions que je me pose dans la rue

juin 30, 2009 · 32 commentaires

1/ Pourquoi est-ce que je m’obstine à trimballer chaque jour un appareil photo d’1/2 kilo – l’idée de base étant d’alimenter mon blog en scoops - alors qu’en réalité je ne croise jamais rien digne d’être photographié et que je finis par shooter n’importe quoi, comme par exemple ces radis en cage ?

radis

 

2/ Je sens que ces radis sont chargés de sens… Quel est-il ? D’ailleurs la vie a-t-elle un sens ? Pourquoi donc y a-t-il l’étant et non pas plutôt rien ? Et si, à l’universalité ou l’indifférenciation de l’étant, nous opposions la spécificité du Fragen comme détermination essentielle du Dasein ? (ok j’extrapole un peu les questions que je me pose réellement dans la rue, mais je sens que votre activité cérébrale avoisinne le degré 0 de la pensée avec la chaleur qu’il fait c’est pour vous stimuler à ce propos fait-il vraiment trop chaud ou bien ne plus me plaindre parce qu’il fait froid provoquerait un vide affectif que je serai incapable de surmonter ? en parlant de météo avec aK on a listé les phrases qui permettent de tenir une conversation en pensant à autre chose : avec “ne m’en parlez pas” ”et moi donc” “tant qu’à faire” et “vous de même” on pense pouvoir palier à toutes les situations possibles)

3/ Mon quotidien manque-t-il de poésie ?

assistance

 

4/ La mention “urgence 7/7″ mérite-t-elle un zoom, sachant qu’elle a égayé ma journée ? 

porte

5/ Si la mairie du Xème arrondissement interdisait les jeux de mots sur les enseignes, serait-ce considéré comme une atteinte à la liberté d’expression ? 

jraph

NB : sachez qu’il existe, rue Guisarde, un restaurant dont le nom suffit à me couper l’appétit, c’est dégoûtant…”L’enfance de lard” beurkbeurkbeurk

6/ Que dire ?

japonaises

7/ Peut-on ajouter un article à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui proclamerait en substance “les droits naturels et imprescriptibles de l’homme sont la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression et la mode” et envoyer l’ONU attaquer les fabriquants de ces sacs à mains ?

sacchien

8/ Il en existe plusieurs modèles, probablement afin que les clientes puissent avoir le choix. Mais à ce stade, la notion de choix a-t-elle encore de la valeur ?

chiens

9/ Est-ce que ce serait pas une trop bonne idée de blague, pour un anniversaire ? – Ôôô, merci… un cadeau… c’est un… – Un chien à main. (Je ne suis pas sure que le prix soit visible sur la photo, mais sachez que cette blaguounette vous coûtera 165 € _ je préfère préciser au cas où The boxer se sentirait d’humeur humoristique, le jour de mon pot de départ)

10/ Et les autres gens qui marchent dans la rue, ils pensent à quoi ? 

femme

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They won’t care about us

juin 26, 2009 · 28 commentaires

Je voulais pas en parler, parce que je manque de légitimité musicale.

Et puis je me suis dit fuck la légitimité.

 

J’ai été voir derrière la fenêtre, mais Disso a rien posté encore, ça fait chier.

Y a toujours les twitter et les statuts facebook qui pleurent, pour me consoler :

OA _ Who’s bad ? 

LC _ History Tour 1997, Wembley, july 15…. j’y étais

Publigeekaire _ Chut il y a bambi qui dort

LK _ doesn’t feel like moonwalking…

Sam _ Does anyone want to buy my Michael Jackson tickets? / AG _ I will, in twenty years time they’ll be worth a fortune

Différence et répétition _ Farrah Fawcett was all that was keeping Michael Jackson alive 

(ouais, y en a qui font des blagues, mais c’est pour masquer leur desespoir)

 

Comme j’aime pas être triste sans vraiment savoir pourquoi, j’ai trouvé :

Un monde sans Michael Jackson, c’est un peu comme regarder un film français et voir les personnages fumer dans un restaurant. C’est un monde d’avant, même si c’est encore récent.  

Un jour, ça fera longtemps.

Un jour je vivrai dans un monde sans Woody Allen

sans Bob Wilson

sans John Irving

sans Al Pacino

Un jour, on n’aura plus 10 ans, plus 15 ans, plus 20 ans, plus 30 ans

D’autres que nous auront 15 ans, 20 ans, 25 ans, 30 ans…

et Michael Jackson, Tétris, Friends, le web 2.0, ils en auront rien à foutre. They won’t care about us.

Ils vont m’énerver, putain, je le sens.

Alors, ok, je veux bien vieillir.

A condition qu’il n’y ait plus jamais d’autres jeunes.

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1 000

juin 24, 2009 · 25 commentaires

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(Et que je n’aurai pas de vacances cet été. Haha. C’est rigolo hein ? Je suis libre - je vole, jack - ouais, c’est ça ouais… )

 

PS : Hum, hum… (je m’entraîne pour mon pot de départ). Merci d’être réunis ici, aujourd’hui, devant vos écrans d’ordinateurs – putain, on va mourir d’un cancer des yeux. Je tiens à remercier tous les lecteurs de Il était une fois (han, comment j’essaie de faire croire que j’ai beaucoup de lecteurs…). Et symboliquement, je remets à jop, qui a laissé le 1000ème commentaire, 

jop

    cette médaille :

 

médaille

Oui, effectivement, c’est un demak-up. J’ai bien cherché partout, mais il se trouve que je n’ai pas de médaille chez moi.

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3 minutes chrono

juin 23, 2009 · 54 commentaires

Ce post a été chronométré à la seconde près pour assurer une parfaite réception du message final.

Je pourrais me contenter de te délivrer une bête information, quelqu’un… Mais dans un élan d’altruisme, je vais t’offrir la possibilité de ressentir cette information, au plus profond de ton âme.

Par conséquent, n’essaie pas de t’émanciper, de faire à ta façon, de ne pas cliquer là où il faut quand il faut : tu dois suivre mes instructions à la lettre. 

D’abord, écoute ça pendant 24 secondes :

Maintenant, ça pendant 7 secondes :

Et puis ça – attention, ça se complique, mais tu devrais y arriver - de 2 min38 à 3min20 :

Enfin ça, 40 secondes :

[Je lance un sort sur tous ceux qui n'ont pas cliqué sur les 4 vidéos. Si vous faites partie de ceux-là, vous êtes encore à temps de sauver votre peau. Ne lisez pas la suite. Reprenez le post du début et suivez mes consignes.]

 

Maintenant, je peux te dire…

 

 

(3 secondes d’émotion)

 

CA Y EST !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai démissionné…

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Samedi lose

juin 20, 2009 · 41 commentaires

13h04

J’ai passé la semaine à me plaindre alala j’ai trop de trucs à faire, je suis débordée, big up stakhanov, j’en peux plus, je veux mourir, vivement samedi. 

On est samedi.

Ouais !

Trop cool.

Ouais…

(…)

Je m’ennuie.

 

Pour ne pas sombrer complètement dans le désespoir, je vais live-bloguer.

13h29

Ca y est, j’ai trouvé une activité très saine : j’espionne mes voisins. 

DSC_0016

 

Ca fait bien 8 minutes qu’il est là. Il vient de finir sa clope. L’encadrement de la fenêtre correspond exactement à sa carrure : ça me fascine.

13h34

Ca me fascine, mais pas assez longtemps.

Tiens, je vais inventer une histoire (il paraît que s’ennuyer développe la créativité. Bon.) 

Il était une fois un petit monsieur moustachu, qui s’appelait Wenceslas. Wenceslas hésitait à raser sa moustache, parce qu’elle le définissait en tant qu’individu appartenant à une communauté : les porteurs de moustaches. Il se trouve que Wenceslas n’appartenait à aucune autre communauté. Wenceslas n’était pas noir, pas homosexuel, pas geek, pas croyant, pas politisé, pas végétarien… Il n’avait que sa moustache pour faire de lui le membre d’un groupe et se sentir moins seul.

Pourtant, un jour, il décida de la raser. 

Depuis, il contemple le monde par la fenêtre.

Ok, je m’ennuie vraiment, genre sans espoir de me re divertir un jour. 

DSC_0020

 

13h50

Il pleut.

Wenceslas a fermé la fenêtre.

DSC_0022

C’est triste, cette fenêtre fermée. Ca m’affecte beaucoup. 

14h10

Il ne pleut plus.

Je m’ennuie. Je m’ennuie. Je m’ennuie.

Je pourrais m’installer à la terrasse d’un café, avec des copines, leur raconter ma vie. Ma vie, dans laquelle il ne se passe rien. Ou faire un crumble aux pommes. Mais j’ai pas de pommes. Ou aller dépenser de l’argent dans les magasins (j’ai plus un rond, mais mon cerveau ne fait pas le lien entre “pas d’argent” et “pas de vêtement”). Han, j’ai une idée qui va bien m’occuper 1/4h… Un dessin !


 

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15h20 

Oh, putain, ça m’a quand même pris 1h10 de dessiner ça.

Je crois que j’ai un problème avec l’art en général.

Pourtant, longtemps, j’ai été convaincue que je serai une artiste.

(Chanteuse, j’ai abandonné très vite. Le prof de musique du collège avait monté une comédie musicale : La Belle et la Bête. J’avais passé le casting. Je rêvais de jouer la Belle et j’avais été prise.

Dans le rôle d’une fourchette.

Bon, mais j’étais contente quand même. J’allais chanter dans les choeurs. Le jour du spectacle, le prof est venu me voir, pour m’expliquer que je pouvais chanter, si je voulais, mais qu’ils allaient couper mon micro. Je vous jure que je n’invente rien).   

Il me restait l’espoir d’être romancière… Enfin ça, c’était avant Wenceslas.

16h32

Mon téléphone sonne. Ah, cool, j’ai des amis.

Ah, non.

Je réponds pas.

Je regarde le trailer de Twilight 2 sur internet. Je kiffe grave Kristen Stewart. Tiens, ça me fait penser que je suis une des rares personnes que je connais (car je me classe parmi les personnes que je connais), à avoir aimé Into the wild. Han, comment j’ose pas vous dire que j’ai surtout kiffé Twilight 1. 

kristen-stewart-picture-3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17h01

Texto : ”Je sais que tu veux pas répondre je lis ton blog”

Fuck. 

 

Sinon, pas de nouvelles de Wenceslas.

Ne vous inquiétez pas, il va probablement très bien.

17h36

Ca y est, je crois qu’on peut se rendre à l’évidence : j’ai fait le tour de tout ce que j’avais à dire (à savoir rien. J’ai épuisé l’infinité des possibles du rien. En général, quand on n’a rien à dire, mieux vaut ne pas bloguer. Mais l’idée que vous soyez tous en train de profiter de votre samedi, m’énerve. Je préfère vous imaginer morts d’ennui à la lecture de ce post.)

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Psychopathologie de la blogueuse

juin 16, 2009 · 62 commentaires

1/ La mégalomanie

Puisque la blogueuse est l’héroïne de son blog, elle éprouve quelques difficultés à accepter son anonymat offline. Elle vit donc tout évènement médiatique comme une injustice. Mahmoud Ahmadinejad a été réélu m’enfin elle a héroïquement réussi à déboucher son évier avec une baguette de sushi et pas un mot au 20h, rien, niet, nada, bravo la télévision française, vive la désinformation, TF1 nous manipule, apparemment y a des infos qui dérangent : oui, j’ai débouché mon évier avec une baguette de sushi, je ne me tairai pas, no way, la liberté de la presse est un combat quotidien, soutenez le web.  

[Je viens d’indexer "Mahmoud Ahmadinejad" et "baguette de sushi" : je pense que ça peut aider les journalistes qui cherchent de l'info sur internet.]

 Je vous communiquerai également le nombre d’internautes qui googlent “ Mahmoud Ahmadinejad & baguette de sushi “. Car il y en aura au moins un. C’est des ouf-malades. Ils googlent des choses que vous pouvez pas imaginer. Ils googlent des choses qui n’existent même pas (cette semaine : “photo pénis artificiel transgenre”, “aime comme minet”, “scenes x ejaculation sur lunettes”, “brillant photo de jesus et marie”, “comment faire l’amoure avec un grand cul”. A l’époque, je faisais des blagues à ce propos, jeune et insouciante que j’étais. Depuis quelqu’un est arrivé sur mon blog en tapant “tache d’encre sac dreyfuss blanc”. Alors, aujourd’hui, je vous le dit : on ne peut pas rire de tout. )  

2/ La mythomanie 

La blogueuse utilise la narration comme mécanique de valorisation. Donc il ne faut pas croire tout ce qu’elle dit (exceptionnellement, pour l’exemple, je vais réhabiliter un élément de vérité : j’ai essayé de déboucher l’évier avec une baguette de sushi. Ca a pas marché.)  

3/ La manipulation 

Les gens qui entourent la blogueuse n’ont pas d’autre but que de servir ses desseins bloguesques. Ses collègues du bureau, par exemple, se trouvent dotés d’un riche potentiel narratif. A eux seuls, ils peuvent alimenter je dirais facile 2/ 3 années de blogging. [Le manager de pôle est en train de se curer le nez à deux mètres de moi et ça c’est pas grand-chose si on considère qu’il vient PROBABLEMENT DE NOUS REFILER LA GRIPPE PORCINE] 

4/ L’angoisse de mort 

La période d’incubation est de 7 jours + 7 jours pour la phase de contagion. Sachant que le manager de pôle est rentré la semaine dernière de ses vacances AU MEXIQUE, si j’arrête subitement de bloguer d’ici vendredi, VOUS POUVEZ VOUS INQUIETER*.  

* Désolée, les majuscules sont un symptôme de stress.  

5/ L’égocentrisme 

La blogueuse n’est pas certaine que les gens aient une réalité en dehors des moments où elle les appréhende. Il est possible qu’ils disparaissent dès qu’elle tourne le dos. Conservons l’exemple des collègues, par pure pédagogie : elle n’a aucune preuve qu’ils continuent d’exister après qu’elle a quitté le bureau. Elle a du mal à imaginer qu’ils rentrent chez eux, s’arrêtent au supermarché sur le chemin, achètent, je sais pas, moi, du ketchup, car, on est bien d’accord : personne de réel n’aurait l’idée de partir en vacances au Mexique ALORS QUE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE ANNONCE UNE ALERTE PANDEMIQUE DE NIVEAU 6 !!!!!!!  

6/ Le narcissisme primaire 

Pour la blogueuse, le monde se divise en 3 catégories :

  • la blogueuse elle-même,
  • ceux qui lisent son blog,
  • et les autres. 

Les autres sont des rats d’égouts et des gueux. 

7/ La dynamique de culpabilité

Passé 2 jours sans rien poster, la blogueuse culpabilise. La constance est une de ses nombreuses qualités, mais surtout, elle est convaincue que si elle ne nourrit pas ses lecteurs au rythme minimum de 3 posts/semaine, ils vont l’abandonner et elle mourra seule, délaissée de tous, convulsée dans d’atroces souffrances.

8/ Le déni de la réalité

La blogueuse dort avec son ordi dans les bras a aussi une vie en dehors d’internet, et le moindre commentaire la met en état de transe elle n’a pas toujours le temps de répondre à vos coms, le web ça va bien, mais faut savoir sortir la tête du clavier de temps en temps, voir des vraies gens vous êtes ses seuls amis.

dessinchri
Merci Chri, pour cette illustration, preuve suplémentaire, si besoin est, de ton immense talent ; les quelqu’uns et moi-même tenons à exprimer toute notre gratitude (je sais pas si vous avez remarqué, mais y a plus de dessin le dimanche, genre Chri, elle est trop occupée en ce moment, alors je tente le chantage affectif).

 

9/ L’angoisse d’abandon

La blogueuse consulte ses stats approximativement toutes les 10 minutes, aaaarrrg, il y a 2 lecteurs de moins que hier à la même heure, elle va mourir seule, délaissée, convulsée… etc.

10/ La schizophrénie

La blogueuse n’est pas elle-même schizophrène. Mais puisqu’on aborde le sujet, elle tient à signaler qu’elle éprouve une sainte frayeur de certains commentateurs - également appelés “stalkers” - chez qui elle décèle une nette tendance à la schizophrénie. Si tu prends différents pseudos pour commenter sur mon blog et que tu te réponds à toi même en disant “non, je ne suis pas du tout d’accord avec ce que **** a dit”, **** se trouvant être toi-même, tu peux légitimement te sentir visé. Partant de là, tu as 3 possibilités : soit réunir tes diverses personnalités en une seule, soit continuer d’être fou, mais sur le blog de quelqu’un d’autre, soit manger du thon cru aux asperges, c’est très bon pour la santé (toujours meilleurs que les oreilles de tes voisins en tout cas). 

[A ce propos, je vous conseille un excellent post (attention je m'apprête à linker une meuf qui prône la vente de moissonneuse batteuse à usage sexuel) un excellent post, je disais (putain, quand je pense que je la linke gentiment, alors qu'elle traîne mon nom dans la boue), un excellent post, donc.]

12/ La pensée magique

La blogueuse est fort portée sur les fantasmes. Elle pense que les dévoiler sur son blog leur confère une forme de réalité. Par exemple, lorsqu’elle sera invitée à la télévision et que Eric Zemmour lui demandera, mais alors, comment expliquez-vous ce phénomène, il était une fois sur le web est aujourd’hui traduit en 29 langes et pourtant vous êtes restée la même, modeste, naturelle, idyllique en tous points, ô, ô, eric, eh bien, c’est grâce à l’amour de mes proches, que j’ai pu surmonter la terrible épreuve de la célébrité, ha,ha Julie, quel style, quel style, mais que fait Edward Norton ? Appelez la sécurité, vite, il enlève Julie F. !  ô, ô edwourd, voyons, edwourd… Vous voulez me séquestrer ? Dans une maison sur la plage ? You want to sequestrate myself ? Into a house on the beach ? No, I won’t be your sex slave, never, do you hear me, edwourd ? (ouais ça se prononce ed-wourd avec l’accent).

Avertissement : toute référence à “la blogueuse” ne vise personne d’autre que moi-même. Il existe peut-être des blogueuses parfaitement saines d’esprit. Cela permettrait d’équilibrer la blogosphère majoritairement peuplée de cas cliniques, (je sais, c’est moche de récidiver, mais autant vous prévenir : je prévois d’en faire un running gag).

PS : il manque le point n°11. Ce n’est pas une erreur. J’ai sauté le 11, parce que j’aime pas le nombre 11. Voilà. Voilà.

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Wassup Rockers

juin 12, 2009 · 20 commentaires

Ce matin, je sors de chez moi, mon skateboard a disparu. (Ah oui, au fait : j’ai un skateboard depuis un mois – cadeau d’anniversaire d’un ami fou, que je salue au passage… salut, ami fou !). Je l’avais laissé devant ma porte hier soir. Sachant que j’habite au dernier étage, que l’immeuble est pourvu d’un code d’entrée et que mon unique voisine de pallier a quelque chose comme 65 ans, je trouve cette histoire très louche. Je décide donc de mener une enquête.

Mon premier suspect, c’est le petit jeune qui fume des pétards dans la cage d’escalier. Nous avons là un intéressant prototype de racaille-intra-muros. J’explique le concept : les racailles-intra-muros ont entre 12 et 15 ans. Ils vivent dans le 6ème, le 7ème et le 16ème, principalement. Ils sèchent les cours pour boire de la bière dans la rue, emploient des termes tels que “wesh” ou “sista”, sauf qu’ils portent des ray-ban et sortent visiblement de chez le coiffeur. Il y a un gang qui sème la terreur dans ma rue et je soupçonne au moins l’un d’entre eux d’être inscrit en option latin au collège Paul Claudel.

[Ces joyeux lurons ont l'air de penser que mon skateboard est un trait d'union entre moi et eux. A chaque fois que je m'entraîne devant l'immeuble, ils m'observent, pouces dans les poches, capuche sur la tête, d'un air mi-dangereux, mi-on-t'idolatre-parce-que-t'as-des-seins (et pourtant, si peu). Ils ont manifestement décidé de me donner des conseils.

Mon voisin : Jamais t'y arrives en talons !

Moi : On parie ? 

Lui : Si tu m'lâches ta planche, j'rentre un trick.

Moi : Tu t'appelles Julie F. ?

Mon pote fou a bien pris soin de faire tagguer "Julie F." sur le skateboard, pour m'éviter ce genre de mésaventure.

Lui : Nan...

Moi : Bon, ben, dégage alors. Et fais gaffe, y a ton jean qui tombe...

Lui : Y tombe pas. C'est la mode.

Comment lui dire, à ce petit con ? Que la mode, c'est moi. Notez la référence à Judge Dredd, s'il vous plaît. Je lui explique que le coup du jean qui tombe sous les fesses, ça vient de Los Angeles. Dans les bandes, les gamins portent les fringues de leurs grands frères. Et plus le grand frère est costaud, plus le gamin est respecté. C'est une sorte de loi urbaine : "The bigger the trousers, the bigger your brothers".]

Bref, ce matin, je vais trouver ses parents, à ce morpion. Je tape à la porte, sa mère m’ouvre. Elle m’explique qu’il est en vacances en Normandie chez sa grand-mère (comprendre, en cure de désintoxication). Et sur ses entrefaites, arrive ma propriétaire, qui est aussi ma voisine [C'est sympa, cet immeuble...]

- Mon skate a disparu, je me plains.

- Hein ?

- Je l’avais laissé devant ma porte, on me l’a volé.

- Ah, c’est à vous, la planche à roulettes ? On vous l’a pas volée. C’est moi qui l’ai rangée.

- Mais où ?

- A la poubelle.

Et effectivement…

skate2

J’ai retourné le skate avant de prendre la photo, pour que vous puissiez admirer les tags. L’échelle bleue, illustre Le dépeupleur, de Samuel Beckett (c’était mon sujet de mémoire à l’époque où j’avais encore un cerveau).

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Happily ever after

juin 9, 2009 · 19 commentaires

Alors là, si tu crois que je vais te la faire en 15 épisodes : j’ai jamais vu de porno, part one/ je mate Inspect her gadget, part two/ je deviens movie-sex-addict, part three/ tu te fourres le doigt dans l’oeil, quelqu’un. C’était un one shot, celui-là, t’auras jamais la suite. Jamais. Message perso, pour les gens que je connais : arrêtez de m’appeler. Non, je vous l’avais pas dit. Oui, vous l’avez appris en même temps que les lecteurs du blog. Non, c’est pas une trahison. Non, je n’ai toujours pas regardé de film de cul depuis samedi. Non, je vous appelerai pas après en avoir vu un.

Voilà, c’était juste un petit avant-propos, avant de changer de sujet.

Je viens de faire un calcul terrifiant.

J’ai passé 7,5 ans de ma vie en couple ! On peut donc considérer qu’en âge célibataire, j’ai 18 ans 1/2… [La prochaine fois qu'une pharmacienne essaie de me vendre de la crème anti-rides, je lui fais manger ses chaussures orthopédiques]

Sachant que je dors en moyenne 7h par nuit, j’ai également passé 7,5 ans à dormir. Attendez, de tête, ça fait quelque chose comme 15 ans perdus pour la science. Ah, il vous manque une info, pour la bonne compréhension de mon raisonnement : je prévois un jour de faire une découverte qui changera la face du monde, Copernic ou Darwin, à côté, ce sera du pipi de chat. Je pense être sur la piste du génome transitoire entre l’homme et l’espèce qui lui succèdera (et oui, parallèlement, je travaille dans une agence de com. C’est triste, quelqu’un, de confiner ton système de pensée à d’obtuses classifications socioprofessionnelles).

Donc, 15 ans perdus pour la science, je disais, parce que dormir ou être amoureuse ça me prend trop de temps et ça empiète sur mon activité secrète. En couple, je passe en mode on-s’aimera-toute-la-vie-entière-devant-le-lecteur-de-DVD, ce qui, après 4 ou 5 saisons de Weeds/Grey’s anatomy/Californication, bride pas mal mon esprit d’analyse. Tandis que quand je suis célibataire, je suis l’inventitivité incarnée (rendons à César ce qui appartient à César, ce blog n’aurait jamais vu le jour si je n’avais pas été célibataire. Or, je suis convaincue qu’il sera considéré par les générations futures comme la genèse de ma découverte).

Bref, l’idée, en substance, c’est que vu que je peux pas arrêter de dormir, j’ai décidé de rester seule encore un moment. C’est un choix. Pas une fatalité. Une émanation de mon libre arbitre. Parfaitement. De toute façon, le couple, je suis contre. C’est pas naturel. Et l’amour, je trouve ça très surfait finalement.

Pour illustrer mon propos, mon oeil acéré et cynique de photographe professionnelle a capturé cette petite saynète parisienne (l’orthographe de ce mot me fascine) :

DSC01581Et puis j’ai vu un signe qui m’a convaincue de ne pas sacrifier une révolution biologique à ma vie sentimentale. Ah, oui, parenthèse : (la destinée m’adresse régulièrement des signes. Par exemple, je marche dans la rue et soudain, j’aperçois une boulangerie… Ca signifie qu’il faut que je mange un croissant. Bon, c’est pas toujours aussi flagrant, il y a des signes moins évidents à déceler. Exemple n°2 : imaginons que je passe un entretien pour le job de mes rêves et que quelques heures plus tard, je vois un feu rouge passer au vert. Ca signifierait, selon ma grille d’interprétation, que je vais être embauchée. Quand la suite des évènements contredit la destinée, généralement, j’adopte une attitude de déni) - fin de la parenthèse.

Alors, c’est pas un signe, ça ? Hein ?

la-mariee

 

Vous en croisez souvent, vous, des mariées abandonnées le jour de leur mariage, dans une…

[Attendez, je viens de réaliser un truc : ça existe encore les cabines téléphoniques ?] 

Nan, le seul truc qui pourrait me faire regretter le couple, à la limite, c’est ça :

 

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Où je fais une découverte étymologique

juin 6, 2009 · 30 commentaires

J’ai eu une discussion avec Titiou et dolphins-taste-like-tuna, que j’ai moult choqués en leur révélant un secret. Secret que je m’en vais te révéler à toi itou, quelqu’un, mais d’abord, il me faut prendre quelques précautions.  

J’assume généralement assez bien mes handicaps sociaux. Pourtant, avoir des goûts de chiottes en musique et aimer Eric Zemmour, c’est pas tous les jours facile. D’abord parce que les gens refusent tout net de bavarder avec moi. [J'en profite pour me récrier contre cette discrimination. Les êtres humains qui n'écoutent pas de rock indé sont comme vous, arrêtez de nous ségréguer] Ensuite, parce que, quand on se réveille le matin avec “never gonna give you up/ never gonna let you down/ je serai là pour toi my baby” dans la tête, force est de revoir à la baisse un certain idéal de soi. Enfin, parce que je sens bien qu’en termes d’évolution de l’espèce, je suis à la traîne. Les individus incapables de muter sont condamnés à disparaître, par sélection naturelle, je sais, ça. Alors, croyez-moi, j’aimerais cliper mon iPod nano à ma capuche American Apparel, comme tout le monde, mais je supporte pas – physiquement – les écouteurs. Ca me fait souffrir du tympan et ça irrite les parois de mon oreille externe, que j’ai fort sensible.

Je ne cache pas au monde ces petites tares, car je pars du principe que nous sommes tous tarés. Toutefois, il y a des sujets que j’évite d’aborder. Certaines confidences sont irréversibles. Une fois divulguées, tu peux t’évertuer autant que possible à réhabiliter ton image, c’est mort pour ta gueule, elle est entachée à tout jamais. 

Bon, je me lance, sinon je vais pas y arriver…

(Rhôô, j’ai honte, j’ai honte)

 

J’ai jamais vu de film de cul.

 

Jamais, jamais.

[Pas la peine de me jeter des pixels dessus, je peux expliquer. J'avais pas Canal +, quand j'étais petite, j'avais pas la télé quand j'étais jeune et j'ai découvert internet sur le tard, par rapport à la moyenne nationale de ma classe d'âge. Genre l'année dernière, à peu près] 

Je sais : il y a quelque chose de malsain dans cette absence de curiosité. Je songe sérieusement à combler mes lacunes, mais comment m’y prendre ?

Pas moyen de visionner mon premier film de cul sur internet, je veux faire ça à l’ancienne, en introduisant un DVD dans un lecteur (j’aurais préféré utiliser un magnétoscope, histoire de recréer l’ambiance de mon adolescence, à l’époque où j’aurais naturellement dû voir du porno, mais bon, je vais pas non plus me faire un bol de chocapic pour regarder des trous de balle). 

En même temps, je me vois moyennement débarquer dans un sex shop et demander bonjour je voudrais un film de cul mais un truc soft, parce que je débute, pas d’animaux, s’il vous plaît, pas d’anus dilatés non plus et si on peut éviter toute scène d’éjaculation collective sur le visage d’une mineure, je vous en serais reconnaissante.

J’explique donc à Titiou et dtlt que j’ai des exigences. Je cherche un film avec une histoire, du porno narratif en quelque sorte. Et, tant qu’à faire, j’aimerais un classique. Titiou et dtlt, ils commencent par pas être d’accord : point d’intrigue dans le cul, éspèce de mormone, il te faut du bon gonzo avec bukkake pour le moins (oui, ce sont des spécialistes). Mais je veux pas de trash, moi, j’ai peur. Je veux du porno de la vieille époque, sans scène susceptibles d’influencer à tout jamais ma sexualité. Ils me conseillent des titres. Et moi, avec un joli stylo plume (wou, ça faisait des années que j’avais pas utilisé un stylo plume, j’étais toute émue), je note Deep Throat et Fred Coppula dans mon agenda à côté de RDV client à Boulogne-Billancourt et recette du gratin dauphinois aux fines herbes. 

Voilà, donc, c’est décidé, je vais mater mon premier film de cul. Je suis un peu stressée, pour ne rien cacher.

Histoire de me détendre, j’ai fait des recherches étymologiques. Et j’ai découvert que la majorité des termes sexuels entérinés par l’académie française sont issus du champ lexical animalier :

 - penis, du latin penis : “queue des quadrupèdes”

- bite vient de l’ancien scandinave bita, “mordre” (je suppose logiquement un lien avec le chien) ou du normand bitter, “boucher” (= viande animale)

- levrette : “femelle du lévrier”

- et les fameuses métaphores : dard, moule, chatte

- On retrouve le même phénomène dans les autres langues : zob, en arabe, vient de zobel, en allemand, qui signifie “zibeline” (mammifère de Sibérie au pelage noir).

- mention spéciale à l’étymologie de “con”, qui a subi quelques rebondissements :

le terme viendrait à l’origine du latin cunnus (“vulve”). Sauf qu’il existait un mot à la sonorité apparentée : cunnin, qui signifiait “lapin”. Donc, à chaque fois que quelqu’un disait “lapin”, tout le monde pensait “vulve”. Forcément, les meufs, en société, elles osaient moyen dire “lapin”. En même temps, “lapin”, il fallait bien pouvoir l’utiliser tranquillement, donc on a trouvé un autre radical pour dire “lapin”, celui de lepus, ”lièvre”. [A ce propos, le fameux levrier, dont la femmelle est la levrette, vient du même radical, puisque la proie du lévrier était le lièvre.] Mais si le sexe féminin a lontemps été associé au lapin, finalement, l’usage a dérivé vers “chas” qui signifie “trou” (le chas d’une aiguille). Et puis à cause de l’homonymie entre “chas” et “chat” + de l’analogie entre le  lapin et le chat, eh bien, le vagin est devenu la chatte. Voilà, voilà.

A part ça, bienvenue aux lecteurs du Beulogue qui doivent probablement se demander ce qu’ils foutent là. Mais, chers amis, nous ne le savons pas nous-mêmes.

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Où j’annonce que je ne regarderai plus jamais la Nouvelle Star

juin 2, 2009 · 21 commentaires

Franchement, je vais même pas faire un post.

Ca mérite pas un post.

Ceci n’est pas un post.

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